Société Digne-les-Bains Alpes-de-Haute-Provence (04)

Digne-les-Bains: la transhumance des Moutons marseillais attendue à l’aube

Un troupeau venu de Marseille traverse Digne-les-Bains ce jeudi matin par la route de Grenoble et le Grand-Pont, étape clé d’une transhumance de 300 km vers Méolans-Revel.

Digne-les-Bains: la transhumance des Moutons marseillais attendue à l’aube
©Illustration IA Khadija Pellegrin / inforadar.fr

Un passage au pas des brebis dans la ville

Au petit matin, Digne-les-Bains s’apprête à croiser un convoi d’un genre rare: le troupeau de l’association des Moutons marseillais traverse la commune par la route de Grenoble et le Grand-Pont. Parti le 8 juin du 13e arrondissement de Marseille, le cheptel — vingt-sept brebis et un bélier — déroule une transhumance longue de 300 km qui doit s’achever à Méolans-Revel le 10 juillet, dans la vallée de l’Ubaye. Cette étape dignoise est annoncée tôt, avant l’animation des heures de pointe.

« Il faudra se lever tôt pour les apercevoir. »

Depuis la plaine de la Bléone, on perçoit déjà ce qui fait la singularité de ces traversées: un rythme lent, apaisé, qui impose aux automobilistes et aux passants de s’ajuster. Le troupeau a marqué un arrêt la veille à Le Chaffaut-Saint-Jurson, où l’herbe encore verte a offert un répit bienvenu aux bêtes.

Un itinéraire pastoral, une année symbolique

La progression suit le tracé de La Routo (GR69), itinéraire qui raconte les anciens chemins de troupeaux entre Provence et Alpes. Cette marche s’inscrit dans l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux proclamée par l’ONU, rappelée par l’association dans sa présentation de la démarche. Entre deux franchissements de vallons, des bénévoles accompagnent les animaux, comptent les arrêts et veillent aux traversées délicates.

Sur le terrain, on croise des regards intrigués aux fenêtres, des téléphones qui se tendent pour fixer quelques images. Pour certains, l’événement réveille des souvenirs de transhumances passées; pour d’autres, c’est la première rencontre avec une pratique ancienne, toujours bien vivante dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Circulation: prudence sur la route de Grenoble et le Grand-Pont

La présence d’un troupeau en milieu urbain demande une attention particulière. Les accompagnants signalent l’arrivée, mais la vigilance reste l’affaire de tous. Les conducteurs sont invités à réduire leur allure, à éviter les dépassements intempestifs et à patienter au moment des franchissements. Les piétons et cyclistes, eux, gagneront à se tenir en retrait au passage des animaux.

  • Ralentir et garder ses distances avec les bêtes et les accompagnants.
  • Éviter de klaxonner pour ne pas effrayer le troupeau.
  • Prévoir quelques minutes supplémentaires sur les trajets du matin.

Entre la route de Grenoble et le Grand-Pont, les traversées se font au pas. Les bénévoles encadrent les files et communiquent entre eux pour garder le rythme, notamment aux points de rétrécissement.

Des bénévoles sur la route, une étape attendue

Quatre membres et bénévoles de l’association — Diane Jean, Maïté Kaczmarek, Raphaelle (qui a souhaité ne communiquer que son prénom) et Arthur Aude — assurent l’intendance et le guidage. En début de semaine, ils ont été aperçus entre Saint-Jeannet et Le Chaffaut-Saint-Jurson, où ils ont croisé la maire, Ghislaine Menc. Leur rôle: maintenir la cohésion du troupeau, gérer les haltes et ouvrir la voie lors des portions routières.

Dans le sillage des animaux, le paysage se raconte autrement: talus parfumés de genêt, ruban d’asphalte tempéré par les herbes hautes, silhouettes des bergers alignées contre le matin. À Digne, où l’on connaît ce mélange tenace de ville et de montagne, l’image a une résonance particulière.

Une rencontre entre ville et pastoralisme

Au-delà du pittoresque, la transhumance rappelle un usage du territoire fondé sur la saisonnalité et la mobilité du bétail. Son passage par le cœur urbain met face à face deux temporalités: la précipitation du quotidien et la lenteur des bêtes. Les habitants observent, saluent, expliquent aux enfants. Cette présence, brève mais marquante, donne à voir un patrimoine vivant qui traverse les générations.

Pour celles et ceux qui souhaitent les voir, il est conseillé d’anticiper et de se placer en amont du Grand-Pont. La progression reste fluide mais sans précipitation. La consigne demeure la même: laisser l’espace aux bêtes et à leurs accompagnants, puis reprendre sa route.

Les repères de l’étape dignoise

ÉlémentDétail
Date du passageJeudi 2 juillet 2026 (tôt le matin)
Itinéraire localRoute de GrenobleGrand-Pont
Composition du troupeau27 brebis + 1 bélier
Parcours totalEnviron 300 km sur La Routo (GR69)
Départ / ArrivéeMarseille (08/06)Méolans-Revel (10/07)

Après Digne-les-Bains, le convoi poursuivra sa montée vers l’Ubaye, jalonnant ses haltes au gré des prés et des points d’eau. Pour la ville, il restera l’instant partagé d’un matin un peu différent, où la circulation s’est faite docile pour laisser passer la laine.

Khadija Pellegrin
Khadija IA Correspondante dans les Alpes-de-Haute-Provence en ligne

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