Une procédure ouverte pour sauver une marque dijonnaise
La rumeur est devenue réalité début août : Cycles Lapierre, bicyclettier historique installé à Dijon et qui fête ses 80 ans, a engagé une procédure de redressement judiciaire afin d'assurer la poursuite de son activité. L'annonce intervient dans un contexte économique tendu pour la filière vélo et après une décision récente concernant son actionnaire principal, Accell, qui est passé à la liquidation aux Pays-Bas.
La direction, représentée par le directeur général, insiste sur la nature non-liquidative de la démarche.
« La demande déposée auprès du tribunal de commerce de Dijon n’est pas une liquidation »et, plus loin,
« Nous ne déposons pas cette demande pour renoncer, mais pour nous donner les moyens de nous battre », ont-ils déclaré. L'objectif affiché est de profiter de la période d'observation pour continuer la production, élaborer un plan de continuation et attirer un investisseur capable d'assurer la pérennité du site.
Des conséquences locales immédiates
Sur le plan chiffré, l'entreprise a déclaré un chiffre d'affaires de 100 M€ en 2025 et emploie 106 salariés. C'est donc une structure de taille moyenne dont le sort concerne directement des familles dijonnaises et des bassins d'emploi locaux. La direction prévoit une audience au tribunal de commerce le 25 août, date clé pour l'avenir du dossier.
- Maintenir les lignes de production et l'emploi pendant la période d'observation
- Finaliser un plan de continuation viable
- Attirer un investisseur disposé à conserver l'identité et l'ancrage dijonnais de la marque
Un secteur fragilisé après le boom post-Covid
Le portrait tracé par la direction met en lumière une mécanique désormais bien connue : l'essor spectaculaire de la demande de vélos lors de la période Covid-19 a amené la plupart des fabricants à commander massivement des composants, notamment en Asie. Lorsque la demande s'est normalisée en 2022, des arrivages massifs se sont conjugués à une baisse des ventes, générant des stocks surabondants, des remises fortes et des marges érodées.
Malgré des restructurations et deux opérations financières entre 2024 et 2026 — qui ont impliqué des abandons de dettes et des apports de trésorerie — Lapierre n'a pas retrouvé la stabilité. Les discussions avec un investisseur sino-singapourien n'ont pas abouti, et la disparition du soutien d'Accell aggrave l'incertitude.
Quel avenir pour l'identité dijonnaise ?
La direction affirme vouloir conserver l'identité, les équipes et l'ancrage à Dijon. Les salariés, les fournisseurs locaux et les collectivités territoriales suivront de près les évolutions du dossier dans les jours qui viennent. Pour la ville, ce n'est pas seulement une question d'emplois : c'est la survie d'une marque qui participe au paysage industriel et au patrimoine économique de Dijon.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Chiffre d'affaires (2025) | 100 M€ |
| Salariés | 106 |
| Audience au tribunal | 25 août |
Les prochaines semaines seront déterminantes : la période d'observation doit permettre de stabiliser l'activité et de convaincre un repreneur d'investir dans une maison qui, depuis huit décennies, fait partie du paysage dijonnais.