En Mayenne, obtenir une mammographie peut demander une longue anticipation. Alors que la campagne Octobre rose rappelle l’importance d’un dépistage précoce du cancer du sein, plusieurs habitantes de Laval témoignent de rendez-vous difficiles à décrocher. Dans le département, le délai évoqué atteint parfois dix-huit mois.
Des rendez-vous difficiles à trouver
Le dépistage repose pourtant sur un examen essentiel pour la prévention. Mais les femmes qui cherchent un créneau se heurtent à une offre insuffisante. Certaines ne trouvent aucune possibilité en Mayenne sur les plateformes de prise de rendez-vous et doivent élargir leurs recherches à des territoires voisins.
Caroline Brémaud, ancienne cheffe des urgences du centre hospitalier de Laval, raconte avoir dû se rendre en région parisienne. Elle indique avoir commencé ses démarches six mois avant la date souhaitée, sans parvenir à obtenir de rendez-vous local. Son médecin traitant lui aurait finalement conseillé de se tourner vers l’Ille-et-Vilaine.
« On est beaucoup dans l’errance médicale. »
Cette situation ne concerne pas seulement les professionnelles de santé. Émilie Lecomte, Lavalloise âgée de 49 ans, explique avoir attendu dix-huit mois avant de pouvoir passer une mammographie dans une polyclinique. Entre-temps, son ordonnance était arrivée à expiration, ce qui l’a obligée à en demander une nouvelle.
Une attente qui pèse sur les patientes
Pour les femmes confrontées à une douleur ou à une inquiétude, l’attente peut devenir une source d’angoisse. Émilie Lecomte raconte avoir vécu trois mois de tension avant de pouvoir réaliser l’examen. Le résultat s’est révélé rassurant, mais cette expérience illustre la difficulté de rester sereine lorsque l’accès à un rendez-vous s’éloigne.
Les témoignages recueillis mettent également en lumière les inégalités face aux déplacements. Se rendre dans un autre département suppose du temps, des moyens de transport et une organisation que toutes les patientes ne peuvent pas mobiliser. Pour certaines, l’éloignement risque ainsi de retarder encore la démarche de dépistage.
Le paradoxe d’Octobre rose
Les actions de sensibilisation menées en Mayenne rencontrent un succès croissant. Elles encouragent les femmes à s’informer et à prendre rendez-vous, mais cette mobilisation se heurte ensuite aux capacités disponibles. Caroline Brémaud estime que la prévention doit s’accompagner de moyens permettant de répondre aux demandes.
- Délai évoqué : jusqu’à dix-huit mois pour une mammographie en Mayenne.
- Public concerné par le dépistage : les femmes âgées de 50 à 74 ans.
- Solution parfois recherchée : un rendez-vous dans un autre département ou en région parisienne.
Pour les habitantes qui ne peuvent pas se déplacer ou qui ne disposent pas des ressources nécessaires, cette situation nourrit le sentiment d’être laissées sans solution. Les témoignages lavallois relancent ainsi le débat sur l’accès concret à la prévention, au-delà des campagnes d’information.