La verrerie historique fait l'objet d'une course à la reprise
La manufacture Duralex, célèbre pour ses verres dits « incassables », a franchi une nouvelle étape dans sa procédure judiciaire : trois dossiers de reprise ont été remis au tribunal de commerce d'Orléans, a indiqué l'administrateur judiciaire. La date limite pour le dépôt des offres, initialement fixée à un jeudi midi, est prolongée jusqu'au 11 septembre.
Fondée en 1945 et reprise par ses salariés en coopérative en 2024, l'entreprise demeure toutefois fragilisée : elle a été placée en redressement judiciaire le 1er juin et compte aujourd'hui 243 salariés. C'est la cinquième procédure judiciaire que traverse le groupe en un peu plus de vingt ans, signe d'un parcours industriel heurté malgré la notoriété de la marque.
« va être prolongée jusqu’au 11 septembre »
Parmi les repreneurs mentionnés par une source proche du dossier figure Cédric Meston, via la holding Tomé. L'homme d'affaires a déjà acquis Tupperware France en 2025 et est connu pour son implication dans la consommation alternative. Le groupe Carlesimo, spécialisé dans la fonderie, avait également annoncé son intention de soumettre une offre ; le tribunal n'a pas précisé l'identité du troisième candidat. L'administrateur judiciaire a décidé de ne pas divulguer les noms des candidats pour l'heure.
Le calendrier judiciaire est désormais fixé : le tribunal de commerce d'Orléans examinera les offres lors d'une audience programmée le 17 septembre. Cette étape devra trancher entre des propositions susceptibles de préserver l'activité et les emplois, ou de conduire à des restructurations.
Enjeux industriels et sociaux
Les défis sont multiples. D'un côté, Duralex représente une marque grand public à forte valeur immatérielle ; de l'autre, l'usine de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) doit faire face à des difficultés structurelles, économiques et de compétitivité qui expliquent la répétition des procédures judiciaires. Pour les salariés — 243 personnes concernées — l'enjeu principal est la pérennité des emplois et des lignes de production.
- Maintien de l'activité industrielle et protection des emplois.
- Capacité des repreneurs à investir et moderniser la production.
- Préservation de la marque et des débouchés commerciaux.
Le dossier Duralex illustre plus largement les tensions qui affectent des pans de l'industrie française : entreprises historiques confrontées à la mondialisation, variation de la demande, et nécessité d'investissements pour moderniser des outils parfois vieillissants. Le choix du tribunal, à l'automne, sera scruté comme un indicateur de la capacité des repreneurs privés à relancer des activités industrielles emblématiques.
| Événement | Date |
|---|---|
| Placement en redressement judiciaire | 1er juin |
| Dépôt de trois offres | Début août |
| Prolongation du délai de dépôt | 11 septembre |
| Audience au tribunal | 17 septembre |
| Effectif | 243 salariés |
La décision du tribunal d'Orléans sera donc déterminante pour l'avenir de cette verrerie emblématique, entre opportunités de réindustrialisation et risques de nouvelles restructurations.