Un site créé en 1962 condamné par la modernité du secteur
La décision est tombée le 8 septembre 2026 : l'usine William Saurin implantée à Saint-Thibault-des-Vignes (Seine-et-Marne) — la toute première de la marque — fermera ses portes. Le groupe Cofigeo, propriétaire depuis 2017, annonce la suppression de 142 postes dans le cadre d'un plan social.
Construit en 1962, le bâtiment historique à étage ne répond plus aux standards actuels de production, qui privilégient des locaux de plain-pied. Autre difficulté : le site est désormais encaissé entre pavillons et zones industrielles, rendant toute extension matérielle impossible. Autant d'obstacles qui ont pesé dans la mise en œuvre de la décision de fermeture.
« La diversification et la modernisation de l’offre nécessitent des investissements importants »,
ces mots de Mathieu Thomazeau, président de Cofigeo, résument la logique industrielle retenue : face à une activité en recul — évaluée à –17 % depuis 2022 selon le groupe — il a été choisi de concentrer les investissements sur d'autres sites et de fermer l'usine la « moins adaptée pour l'avenir ».
Un coup dur pour les salariés et le tissu industriel local
La fermeture d'une unité créée il y a 64 ans a un double effet : elle rompt un pan d'histoire industrielle régionale et crée une inquiétude immédiate pour les salariés. Le communiqué indique 142 suppressions de postes, sans détailler, pour l'instant, les mesures d'accompagnement envisagées pour les personnels concernés. Dans ce contexte, les collectivités locales et les partenaires sociaux seront sollicités pour définir les modalités du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).
- Origine : usine William Saurin, ouverte en 1962
- Propriétaire : Cofigeo (William Saurin, Raynal et Roquelaure, Zapetti, Garbit)
- Impact : suppression de 142 emplois
Contexte sectoriel et contraintes techniques
Cofigeo évoque plusieurs facteurs structurels : inflation, fragmentation du marché et difficultés générales du secteur de l’agroalimentaire appertisé. Le groupe compte sept usines ; la fermeture de Saint-Thibault-des-Vignes s’inscrit dans une stratégie de rationalisation et d'investissement sur des sites jugés plus modernes ou extensibles.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Année de création | 1962 |
| Baisse d'activité depuis 2022 | −17 % |
| Postes supprimés | 142 |
Pour les communes voisines et les bassins d'emploi, la question se pose désormais des reconversions possibles des salariés et de la valorisation du foncier. Le site lui‑même, très intégré dans un tissu urbain devenu dense, ne facilite pas une reconversion industrielle classique.
Les prochains jours seront consacrés aux réunions avec les représentants du personnel et aux précisions sur le calendrier de fermeture. Sur le terrain, les riverains et les élus locaux attendent des garanties sur l'accompagnement social, la mobilité des salariés et l'avenir de ce site emblématique qui, pendant plus de six décennies, a rythmé la vie économique du territoire.