Un message de fermeté avant la haute saison des incendies
Sur le terrain desséché de l’aérodrome de Belvès-Saint-Pardoux, l’État et l’ensemble des acteurs de la lutte contre les incendies ont présenté, vendredi 26 juin, un dispositif pensé pour frapper vite et juste. Autour des camions alignés des sapeurs-pompiers, on trouvait la DFCI (Défense de la forêt contre les incendies), l’ONF, l’OFB et les gendarmes : un « panorama des moyens susceptibles d’être engagés cet été », selon la préfète Marie Aubert.
« C’est une saison potentiellement compliquée », a concédé la préfète, rappelant un triptyque d’action : « la prévention, la détection rapide du feu et une intervention efficace ».
Des chiffres qui imposent la vigilance
L’année 2025 a donné la mesure du défi : 348 départs de feux recensés et 291 hectares de végétation brûlés en Dordogne. La « canicule exceptionnelle » de ce mois de juin renforce le risque de départs multiples et précoces. Face à cette réalité, les autorités ont choisi d’insister sur la rapidité d’alerte et de manœuvre, afin de stopper les foyers à un stade naissant.
| Indicateur | Dordogne |
|---|---|
| Départs de feu (2025) | 348 |
| Surface brûlée (2025) | 291 ha |
| Doctrine | Prévention – Détection – Intervention |
Des renforts aériens et une capacité d’attaque initiale accrue
Pour muscler l’« attaque rapide », une colonne de renfort est d’ores et déjà prépositionnée à Bordeaux. Un avion Dash y est associé pour des largages massifs sur des feux en expansion. Un hélicoptère bombardier d’eau est, lui, déployé à Poitiers. Prévu en démonstration en Dordogne, il a finalement été engagé dans les Landes, signe de la tension opérationnelle régionale. Au sol, le Service départemental d’incendie et de secours a réceptionné cinq nouveaux camions-citernes feux de forêts (CCF), livrés notamment à Terrasson-Lavilledieu, pour renforcer la capacité de pénétration et de traitement des foyers en milieu végétalisé.
Un front commun État–forêts–sécurité
La présence conjointe des sapeurs-pompiers, de la DFCI, des forestiers de l’ONF, des équipes de l’OFB et des gendarmes illustre une approche concertée : surveillance, contrôle des accès en cas de risque élevé, appui logistique, et sécurisation des zones sensibles. Cette coordination vise à comprimer le temps entre le premier signalement et l’intervention initiale, décisive pour éviter l’embrasement généralisé.
Prévenir, le premier maillon
Les autorités insistent sur la chaîne de prévention. La doctrine rappelée par la préfecture place le citoyen au cœur de la vigilance : signaler rapidement toute fumée suspecte, respecter les arrêtés locaux (usage d’outils générateurs d’étincelles, débroussaillement réglementaire, fermetures d’accès en période critique) et éviter toute imprudence. L’objectif : limiter les départs et permettre un engagement ciblé des moyens là où l’urgence se déclare.
- Accélérer l’alerte pour réduire la propagation des foyers naissants.
- Concentrer des moyens mobiles et aériens sur les secteurs les plus exposés.
- Appuyer la détection et la surveillance via un maillage multi-acteurs.
Un été sous surveillance, sans fatalisme
Si la saison s’annonce délicate, la stratégie retenue mise sur des interventions précoces, l’appui aérien et un réseau partenarial étoffé. La démonstration à Belvès-Saint-Pardoux se voulait claire : la riposte est prête, du premier message d’alerte au dernier noyage des lisières. Reste à chacun de contribuer à cette chaîne de protection, pour que les chiffres de l’été à venir ne prolongent pas la courbe observée l’an passé.