Un coup d'arrêt sous contrôle judiciaire
À Caudan, la Fonderie de Bretagne (FDB) entre dans une phase critique. Le tribunal de commerce de Lorient a prononcé le redressement judiciaire de l'entreprise, reprise en 2025 par Europlasma. La décision, liée à une cessation de paiement, intervient alors que l'activité est suspendue depuis janvier. Le site, spécialisé dans les pièces en fonte pour suspensions et échappements, emploie 245 personnes.
Un calendrier serré et un seuil financier à franchir
Le cœur de la période d'observation tient en un chiffre et une date: 3 millions d'euros à sécuriser d'ici au 17 juillet. À cette condition, la procédure se poursuivra et la recherche d'un repreneur pourra s'ouvrir. Dans le cas contraire, la liquidation serait envisagée.
| Échéance / Donnée | État |
|---|---|
| Besoin de trésorerie | 3 M€ à réunir |
| Date butoir | 17 juillet |
| Effectif | 245 salariés |
| Activité | suspendue depuis janvier |
| Engagement annoncé par Europlasma (2025) | 15 M€ sur trois ans |
Changement de gouvernance et administrateurs judiciaires nommés
Le dirigeant d’Europlasma, Jérôme Garnache‑Creuillot, s’est vu retirer ses prérogatives, au profit de deux administrateurs judiciaires. Présent à l’audience, il n’a pas pris la parole. Ce dessaisissement acte un passage de relais pour piloter l’entreprise durant la procédure et traiter l’urgence financière.
Une mobilisation ouvrière entre soulagement et vigilance
Devant le tribunal, environ 200 personnes ont accueilli la décision avec un mélange de soulagement et d’inquiétude. Pour les représentants syndicaux, l’heure est à la clarification du cap et des moyens. Le délégué CGT Eric Guyomard a rappelé l’alternative à court terme:
« Si l’objectif n’est pas atteint, alors ça sera la liquidation. »
Il dit pourtant garder une note d’espoir:
« Je suis optimiste. »
Dans les rangs, le salarié et élu CGT Eric Blanchier confirme l’état d’esprit d’une partie des équipes:
« Je m’attendais au redressement, pas à la liquidation, car la fonderie mérite d’exister. »
Un autre représentant syndical, Maël Le Goff (CGT FDB), a fait savoir que le dirigeant d’Europlasma « ne peut plus s’occuper de l’entreprise », une annonce accueillie par des applaudissements.
Un site industriel ancré dans l’histoire locale
La Fonderie de Bretagne, héritière des Forges d’Hennebont, prolonge une histoire ouvrière solidement implantée dans le pays de Lorient. Longtemps prestataire du groupe Renault, à l’origine de l’usine en 1966, le site avait changé de trajectoire en avril 2025, lors de sa reprise par Europlasma, société positionnée sur la dépollution et des productions pour la défense. Le repreneur avait alors annoncé un plan d’investissements de 15 millions d’euros en trois ans et la volonté de diversifier la production.
Quelles conséquences à court terme ?
À deux semaines d’une échéance décisive, l’enjeu immédiat reste la reconstitution d’une trésorerie minimale pour éviter la rupture et ouvrir une fenêtre de recherche de repreneur. L’activité demeurant à l’arrêt, les emplois dépendent d’un financement transitoire et d’un projet de relance crédible. La nomination des administrateurs judiciaires doit permettre d’établir un diagnostic opérationnel, de sécuriser les actifs et d’engager des discussions avec d’éventuels candidats.
Et après ?
Le redressement judiciaire est une procédure encadrée, destinée à préserver l’activité lorsque des solutions sont possibles. Si les 3 millions d’euros sont réunis d’ici le 17 juillet, l’entreprise pourra prolonger la période d’observation, affiner son plan et sonder le marché pour une reprise. Faute de solution, la liquidation judiciaire mettrait un terme à l’activité et poserait un choc social majeur à l’échelle locale. Entre l’histoire industrielle du site et l’inquiétude des salariés, ces prochains jours diront si la Fonderie de Bretagne peut encore se réinventer.
- Redressement judiciaire prononcé, activité suspendue depuis janvier.
- 3 M€ à réunir avant le 17 juillet pour éviter la liquidation.
- Direction dessaisie au profit de deux administrateurs judiciaires.