Un artisan-créateur dont les œuvres parlaient de l'identité martiniquaise
La ville de Fort-de-France perd un de ses artisans les plus reconnus : Joël Gordon est décédé le jeudi 30 juillet à l'âge de 72 ans. Le sculpteur sur bois, originaire de Trenelle, laisse derrière lui une œuvre qui, selon la municipalité, a fait du bois « mémoire, identité et espérance » pour la communauté martiniquaise.
Au fil d'une carrière de plus de cinquante ans, Joël Gordon a travaillé le bois comme matière première et comme support d'une narration collective. Le texte municipal rappelle qu'il s'est consacré à cette pratique depuis 1983, transformant chaque pièce en une évocation des blessures, des résistances et de la dignité du peuple martiniquais.
Un hommage municipal et la trace laissée dans les institutions
Le maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, ami de l'artiste, a publié un témoignage saluant « un des plus grands artistans de la mémoire en Martinique ». Il a insisté sur la persistance de l'œuvre de Gordon comme source d'inspiration pour ceux qui voient la culture comme fondement de l'identité collective.
« son œuvre continuera de vivre, de nous interpeller et d’inspirer celles et ceux qui croient en la force de la culture comme fondement de notre identité collective. »
Le rôle de transmission a également été souligné : la source évoque la création, à la demande d'Aimé Césaire, de l'atelier sculpture du Service Municipal d'Action Culturelle SERMAC. Le texte indique que cette initiative date de 1938, mention reprise telle quelle dans l'annonce communale.
- Joël Gordon a débuté le travail du bois en 1983 et a mené une carrière de plus de 50 ans;
- Il est décédé le 30 juillet à l'âge de 72 ans;
- Ses obsèques ont été célébrées en l'église paroissiale des Terres Saint‑Villes, à Fort‑de‑France.
| Éléments | Détails |
|---|---|
| Date du décès | 30 juillet |
| Âge | 72 ans |
| Début de l'activité sur le bois | 1983 |
Pour les habitants de Fort‑de‑France, la disparition de Joël Gordon renvoie à la nécessité de conserver et de valoriser les savoir‑faire locaux. Son engagement auprès du SERMAC et sa production artistique font partie des éléments qui structurent aujourd'hui le paysage culturel de la ville. Les obsèques célébrées aux Terres Saint‑Villes ont été l'occasion pour la communauté de dire au revoir à un créateur qui a articulé mémoire et esthétique dans ses œuvres.
À l'heure où la transmission des métiers d'art est au cœur des politiques culturelles locales, la trajectoire de Joël Gordon interroge les choix de soutien public aux ateliers et aux formations qui permettent à ces pratiques de perdurer.