Un mouvement appelé à durer
Le Rpprac (Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens) a annoncé l'ouverture, ce 19 octobre, d'une nouvelle phase de mobilisation contre la vie chère et ce qu'il estime être des engagements non tenus dans le protocole de sortie de crise. Lors d'une réunion préparatoire tenue sur le parking du stade Pierre Aliker, son leader, Rodrigue Petitot, a prévenu que l'action ne se limiterait pas à une journée isolée : il a évoqué « une guerre d'usure » afin d'inciter la population à se joindre aux manifestations.
Le Rpprac pose également des exigences politiques à court terme, demandant notamment le départ du préfet et la démission du président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique comme condition préalable à toute reprise du dialogue.
Des organisations et commerces qui se préparent
Face à l'incertitude sur la forme que prendra la mobilisation, établissements scolaires et entreprises ajustent leur fonctionnement pour limiter les risques. Dans le secondaire, de nombreux cours seront assurés en distanciel, tandis que plusieurs municipalités ont averti les familles d'éventuelles perturbations dans les écoles maternelles et primaires.
Les commerçants, conscients du souvenir encore vif des dégradations subies lors de la précédente crise sociale, optent pour la prudence. La chaîne d'optique La Lunetterie a décidé de fermer tous ses points de vente le lundi, y compris celui du Marin, et de protéger son personnel et ses stocks. Son porte-parole, Fabrice Richard, explique la mesure par la nécessité de mettre en sécurité les employés et la marchandise.
« A partir du 19, nous entrons dans une guerre d'usure »
Risques et scénarios : que prévoir ?
- Circulation : perturbations possibles sur les axes et rond-points en cas de blocages ou d'actions sur la voie publique.
- Écoles : basculement partiel vers le distanciel dans le secondaire ; vigilance des communes pour les écoles primaires et maternelles.
- Commerces : fermetures préventives et mesures de protection pour limiter vols et dégradations.
Contexte et alliances
Le Rpprac tente de construire une coalition plus large pour son action en s'associant au collectif guadeloupéen Nou Las Palé, qui mobilise sur des revendications proches : prix des carburants, accès à l'eau potable, et protection des entreprises et des emplois. Ce volet régional renforce la portée des demandes et peut expliquer l'intensité annoncée.
| Aspects concernés | Mesures annoncées / attendues |
|---|---|
| Écoles | Distanciel pour de nombreux établissements secondaires ; perturbations possibles dans le primaire |
| Commerces | Fermetures préventives (ex. La Lunetterie), sécurisation des stocks et personnel |
| Voies publiques | Risque de blocages et d'actions revendicatives sur les rond-points |
Ce que les Martiniquais doivent savoir
Pour les habitants, l'essentiel est de rester informés via les canaux officiels et les médias locaux, d'éviter les zones potentiellement visées par des rassemblements et de prévoir des alternatives pour les déplacements et l'accueil des enfants si nécessaire. Les entreprises et commerçants sont invités à anticiper la sécurisation des locaux.
La mobilité, l'accès aux services et l'activité économique pourraient être affectés tant que la dynamique de « guerre d'usure » annoncée par le Rpprac sera maintenue. Les prochains jours diront si l'appel à la rue se traduit par une mobilisation de masse ou par des actions ciblées et localisées.
Loïc Capgras, Correspondant InfoRadar — Martinique