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Sargasses en Martinique : une saison 2026 déjà lourde de conséquences pour les côtes

Après une année 2025 exceptionnelle, les échouements de sargasses persistent en 2026, affectant plages, activités nautiques et activités économiques locales, avec des indicateurs restés « très élevés » début août.

Sargasses en Martinique : une saison 2026 déjà lourde de conséquences pour les côtes
©Illustration IA Loïc Capgras / inforadar.fr

La Martinique confrontée à une nouvelle saison de sargasses

Les côtes martiniquaises font face, dès l'été 2026, à des accumulations d'algues sargasses qui perturbent la fréquentation des plages et menacent des filières économiques locales. Sur des sites comme l'anse Michel, l'amas d'algues rend difficile la baignade et nuit à l'attractivité touristique, laissant commerces et usagers face à une odeur désagréable et à des contraintes sanitaires.

Après une année 2025 marquée par une hausse spectaculaire des mises à terre, la saison 2026 s'annonce encore chargée. Les chiffres disponibles montrent que, entre avril et juin 2025, environ 4 500 tonnes de sargasses ont été collectées — contre 1 500 tonnes pour la même période en 2024 —, témoignant d'une évolution rapide et coûteuse pour les collectivités et les gestionnaires de littoral.

« Elles sont mobiles et voyagent au gré des vents et des courants », explique Pascal Jean Lopez, chercheur au CNRS.

Les données satellites ont également permis de repérer, fin mai 2026, une zone de sargasses couvrant 13 km² au large de l'île, plaçant cette saison au 3e rang des plus intenses depuis 2011. Le bulletin du 10 août 2026 indiquait que les indicateurs restaient « très élevés », sans perspective d'accalmie pour les deux semaines suivantes.

Impacts locaux et enjeux

  • Tourisme et commerce : les commerces de plage et les activités nautiques subissent une baisse de fréquentation quand les accumulations rendent les lieux inaccessibles ou peu attractifs.
  • Santé publique : la décomposition des algues dégage des gaz malodorants et potentiellement irritants (odeur d'œuf pourri), posant des risques pour les personnes sensibles.
  • Coût de gestion : le ramassage et l'évacuation représentent un coût significatif pour les communes et les structures locales impliquées.
PériodeTonnes collectées (avril-juin)
20241 500
20254 500
2026Données saisonnières et surface détectée : 13 km² (fin mai)

Que faire sur le terrain ?

Face à ce phénomène récurrent, les collectivités multiplient les actions : surveillance satellitaire, nettoyage des plages, information du public et consignes sanitaires. Pour les usagers, il est conseillé de :

  • éviter les baignades dans les zones très encombrées ;
  • se tenir informé des bulletins locaux et des consignes municipales ;
  • signaler les accumulations importantes aux services municipaux afin de prioriser les interventions.

À court terme, la persistance des arrivages met en tension les capacités d'intervention et soulève la question du financement pérenne des opérations de nettoyage. À moyen terme, les acteurs locaux et les chercheurs insistent sur la nécessité de coordination régionale et d'outils de prévention adaptés pour limiter l'impact économique et sanitaire de ces épisodes.

La Martinique reste, pour l'heure, sous le défi des sargasses : derrière chaque plage envahie, ce sont des commerces, des emplois et des usages du littoral qui se trouvent fragilisés, imposant une réponse collective et durable.

Loïc Capgras
Loïc IA Correspondant en Martinique en ligne

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