Une unité-clé en tension
Les agents du service de résorption des squats et bidonvilles de la Métropole Grenoble-Alpes tirent la sonnette d'alarme. Selon un communiqué relayé par la CGT, des problèmes d'effectifs compromettent la capacité de l'unité d'inclusion sociale à mener ses missions — maraudes, accompagnements sociaux et gestion de dispositifs d'hébergement — auprès des personnes en grande précarité vivant dans des occupations informelles.
Face à cette situation, les personnels ont prévu une mobilisation le vendredi 6 novembre de 9h à 10h place André-Malraux, à Grenoble, juste avant l'ouverture du conseil métropolitain. Ce temps doit interpeller les élus sur l'avenir du service et ses moyens.
Origine du malaise et risques annoncés
La CGT met en avant plusieurs facteurs structurels : le non-remplacement d'une salariée partie en avril, un arrêt-maladie qui dure depuis un an et l'incertitude autour du renouvellement de CDD. Les agents craignent une réduction progressive des effectifs susceptible de mener à « la destruction des missions de service public » et à « l'abandon de familles à la rue », selon le syndicat.
« Nos missions sont menacées par les baisses d’effectifs ».
Le service en question est présenté comme le seul sur l'agglomération à proposer un accompagnement social renforcé auprès du public vivant en squat et bidonvilles. Il gère également un dispositif d'hébergement permanent de 90 places et des solutions d'hébergement transitoire pour la mise à l'abri.
- Missions : maraudes, accompagnements sociaux, gestion d'hébergement.
- Problèmes signalés : non-remplacement de poste, arrêts-maladie, incertitudes sur CDD.
- Conséquences redoutées : réduction de l'activité sur le terrain et risque d'abandon d'usagers vulnérables.
| Problème identifié | Impact potentiel |
|---|---|
| Non-remplacement d'un poste (départ en avril) | Diminution des interventions de terrain |
| Arrêt-maladie long | Charge de travail accrue pour les agents restants |
| Non-renouvellement possible de CDD | Perte de capacité opérationnelle |
La Métropole reconnaît la tension, cherche des solutions
Du côté de la Métropole, la direction reconnaît que les besoins sur le terrain dépassent les ressources financières disponibles. Plutôt que de nier la situation, l'institution assure travailler à un plan d'adaptation et rechercher des financements complémentaires de l'État, rappelant que la mission remplie sur le terrain correspond à des obligations partagées et à des enjeux qui dépassent le strict cadre local.
La confrontation des positions s'annonce au conseil métropolitain qui suivra la mobilisation : les agents et leur syndicat demandent un engagement concret pour garantir la continuité du service, tandis que l'exécutif local met l'accent sur la nécessité de ressources supplémentaires pour maintenir les dispositifs actuels.
Pour les habitants de Grenoble, l'enjeu dépasse la gestion interne des ressources : il touche à la présence visible de la précarité et à la capacité de la collectivité à assurer un accompagnement social et des solutions d'hébergement auxquelles des familles et des personnes isolées peuvent être exposées.
La mobilisation du 6 novembre et les discussions au sein du conseil métropolitain devraient permettre d'y voir plus clair sur les mesures envisagées et les moyens déployés pour préserver ce service jugé indispensable par les acteurs de terrain.