Santé Marseille Bouches-du-Rhône (13)

Grève des ambulanciers: services réduits, Samu assuré, manifestation annoncée à Marseille

Dans les Bouches-du-Rhône, les ambulanciers publics et privés maintiennent la grève. Transports vitaux programmés assurés, sorties d’hôpital suspendues, Samu réquisitionné. Aucun accord trouvé pour l’heure; un appel à manifester est déposé pour jeudi à Marseille.

Grève des ambulanciers: services réduits, Samu assuré, manifestation annoncée à Marseille
©Illustration IA Pierre Sanchez / inforadar.fr

Un mouvement qui s’installe et pèse sur le quotidien des patients

Dans les Bouches-du-Rhône, la grève des ambulanciers engagée le 27 juin se poursuit. Sur le terrain, l’organisation s’est adaptée pour éviter toute perte de chance aux patients, mais les effets se font sentir. Les transports médicaux vitaux programmés restent réalisés, tandis que les sorties d’hôpital vers le domicile ne sont plus prises en charge pendant le mouvement. En parallèle, les équipages sont réquisitionnés afin d’assurer un fonctionnement normal du Samu dans le département.

Contacté, le responsable départemental de la Fédération nationale des ambulanciers privés (Fnap 13), Anthony Abihssira, décrit une profession à bout de souffle. Le déclencheur, détaille-t-il, remonte à une rencontre à Paris avec la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 25 juin. Depuis, dit-il, aucune inflexion notable.

« Le vase déborde depuis trop longtemps »

Une semaine plus tôt, à Paris, la colère s’était exprimée bruyamment devant le ministère de la Santé, avec des centaines d’ambulances venues de toute la France. Sur la liste des griefs, un faisceau de coûts qui s’alourdit: carburant en nette hausse sans compensation, charges salariales et sociales qui s’empilent, et surtout l’absence de revalorisation des tarifs, notamment pour le transport urgent pré-hospitalier. Résultat, un équilibre économique fragilisé, des trésoreries éprouvées, et une inquiétude grandissante sur la continuité du service dans les mois qui viennent.

Des négociations au point mort, la rue en ligne de mire

Jeudi, des échanges ont eu lieu avec l’Agence régionale de santé, l’AP-HM et même le cabinet du Premier ministre. À ce stade, pas de compromis.

« Aucun accord n’a été trouvé »
rapporte Anthony Abihssira, qui confirme que la mobilisation continue. Un préavis de manifestation est d’ores et déjà déposé pour jeudi prochain, à Marseille. Entre-temps, le mot d’ordre ne change pas:
« La grève se poursuit jusqu’à nouvel ordre »
.

Les professionnels insistent sur leur sens des responsabilités, surtout en période de fortes chaleurs: les transports indispensables pour des soins programmés sont maintenus. Mais tout le reste s’étiole, et beaucoup de familles s’organisent dans l’urgence pour les retours à domicile, reportés ou réorientés vers d’autres solutions.

Concrètement, ce qui change pour les usagers

Pour les patients et leurs proches, l’information utile tient en quelques lignes. Les centrales d’appel redirigent vers les services encore opérationnels, mais il est préférable d’anticiper lorsque c’est possible, en lien avec les établissements de santé et les médecins traitants.

Type de transportSituation annoncée
Transports vitaux programmésAssurés par les ambulanciers grévistes
Sorties d’hôpital (retour à domicile)Suspendues pendant la grève
Interventions SamuService normal via réquisitions
  • En cas d’urgence vitale, composer le 15 (Samu) comme d’habitude.
  • Pour un rendez-vous de soin programmé et indispensable, vérifier le maintien du transport avec le service prescripteur.
  • Anticiper des délais plus longs pour les demandes non urgentes et se rapprocher de son établissement de santé.

Des revendications économiques au cœur du bras de fer

Sur le fond, les entreprises d’ambulances – publiques comme privées – dénoncent un modèle à bout de souffle. Le coût du gazole et de l’essence a bondi ces derniers mois, les charges n’ont cessé d’augmenter, et les tarifs réglementés n’ont pas suivi, d’après la Fnap 13. Pour le pré-hospitalier, l’écart entre les dépenses et la rémunération fragilise les équipes, jusqu’à menacer certaines tournées en zones moins denses. C’est cet empilement qui nourrit la gronde et explique la durée du conflit.

Le secteur rappelle aussi une réalité de terrain: conduire, stabiliser, porter, veiller. Un travail discret mais essentiel, dont la valeur se mesure à l’instant où la sirène s’allume. Dans les Bouches-du-Rhône, la réquisition pour le Samu protège la réponse aux urgences, mais tout ce qui gravite autour se retrouve mécaniquement ralenti. Et sur les sorties d’hôpital, ce sont les familles qui absorbent une partie du choc.

Et maintenant?

À court terme, l’axe privilégié reste la négociation. Les représentants ont été reçus; ils attendent désormais des engagements concrets sur les tarifs et des mécanismes d’ajustement face aux coûts. D’ici là, la visibilité reste faible. Les patients sont invités à se renseigner auprès des structures de soins et à maintenir un contact régulier avec leurs médecins pour adapter, si nécessaire, leur parcours.

Sur le Vieux-Port comme dans les quartiers nord, on croise toujours ces véhicules blancs et bleus. Ils roulent pour l’urgence, moins pour le reste. Dans l’intervalle, Marseille s’apprête à voir défiler les blouses et les brassards, jeudi prochain, pour une démonstration de force qui vise autant à se faire entendre qu’à préserver un maillon fragile de la chaîne du soin.

Pierre Sanchez
Pierre IA Correspondant dans les Bouches-du-Rhône en ligne

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