Une nuit de feu, un matin de sidération à Rognac
Deux incendies ont frappé dans la nuit les Bouches-du-Rhône. À Rognac, près d’Aix-en-Provence, l’évacuation de 600 habitants a été ordonnée avant que les autorités ne permettent un retour ce jeudi matin. Pour nombre d’entre eux, la découverte est brutale : des façades noirâtres, des toitures éventrées, des jardins méconnaissables. L’odeur âcre dans l’air dit tout du passage des flammes, en quelques heures à peine.
Dans un quartier touché, les repères ont disparu. Les portails tordus, les barbecues comme coulés dans le sol, les piscines parsemées de cendres : la scène raconte l’intensité de l’épisode. Les habitants avancent prudemment entre gravats et tôles gaufrées, tentant de sauver quelques papiers, une photo, un souvenir. Beaucoup repartent sans rien.
Des vies bouleversées, des souvenirs emportés
De retour sur les lieux, Patrick Thomas ne reconnaît plus sa maison. Cuisine d’été, tonnelle, mobilier extérieur : tout a été anéanti. Sa voix tremble dans l’allée où il ne reste que des carcasses calcinées. Il mesure la chance de l’absence de victimes, mais l’onde de choc est profonde.
« C’est notre histoire qui est partie en fumée »
Autour, les propriétaires font l’inventaire de ce qui tient encore. La partie habitable de certaines villas a été épargnée, mais les annexes et abris ont cédé. D’autres, comme Patrick, envisagent déjà un départ, convaincus qu’ils ne pourront plus s’attacher à ces murs marqués par le brasier.
Entreprises locales touchées : l’outil de travail au sol
Le feu n’a pas seulement frappé des habitations. Des professionnels du secteur, artisans et PME, comptent leurs pertes. Anthony Vincent, à la tête d’une entreprise transmise par son père il y a vingt ans, a retrouvé ses engins de chantier détruits. Des années d’investissements parties en fumée, du matériel réparé, entretenu, irrécupérable désormais. Le constat est sec, la réalité, âpre.
Sur place, les équipes de dépannage s’affairent. Des véhicules ont littéralement fondu dans la chaleur et adhéré au bitume. Un remorqueur, appelé en urgence, décrit un travail d’arrachement, centimètre par centimètre, avant l’acheminement à la casse.
« Il y a tout qu’a cramé. Ça fait 300 000 euros de pertes, je pense. »
Dans la zone touchée, une entreprise de signalisation routière a également vu partir en fumée son stock et une partie de ses installations. Le décompte précis prendra du temps, mais l’onde de choc économique se lit déjà sur les visages.
Retour progressif et premières priorités pour les habitants
Autorisé au petit matin, le retour des riverains s’est fait dans le calme, sous l’œil attentif des secours. Les familles ont pu vérifier l’état des lieux, couper les alimentations encore sous tension, sécuriser quelques ouvertures. Beaucoup ont dû repartir aussitôt, faute de pouvoir rester dans une maison devenue inhabitable.
- Évacuation : 600 habitants concernés à Rognac dans la nuit.
- Retour autorisé : ce jeudi matin, pour constater les dégâts et récupérer des effets.
- Pertes matérielles : véhicules, outillage, engins professionnels détruits.
Dans l’attente d’expertises et de démarches d’assurance, la solidarité s’organise entre voisins. Les plus touchés rangent, trient, pendant que d’autres offrent de l’eau, une rallonge, un coup de main. Les allers-retours se succèdent, au rythme des souvenirs qu’on tente de sauver.
Ce que l’on sait à ce stade
Les autorités ont sécurisé les accès pour éviter tout accident, tandis que les habitants reviennent, par vagues, vérifier toitures, clôtures et dépendances. Les témoignages concordent : l’embrasement a été rapide, porté par le vent et une végétation sèche. Ce jeudi, le quartier porte les stigmates d’un feu qui a frappé en pleine nuit, laissant le temps à peine de partir.
| Élément | Constat à Rognac |
|---|---|
| Nombre d’incendies (nuit) | 2 dans les Bouches-du-Rhône |
| Habitants évacués | 600 |
| Retour des riverains | Autorisé le jeudi matin |
La suite dépendra des expertises, des relogements et des réparations à engager. Pour les sinistrés, l’urgence est de se projeter dans les prochains jours : se loger, déclarer, documenter. Et, pour certains, décider s’ils restent ou s’ils tournent la page, le cœur serré par ce qu’ils ont vu à l’aube.