Une alternative française au diesel pour alimenter sans carbone
Basée à Saint-Égrève, près de Grenoble, l'entreprise Inocel s'est donné pour objectif de proposer des solutions électriques moins carbonées que les groupes diesel traditionnels. Créée en 2022 par une équipe issue d'Akka Technologies et soutenue techniquement par le CEA, la société a conçu des conteneurs équipés de générateurs à hydrogène, les Gen-Z 300, pensés pour répondre à des usages contraignants où les alternatives existantes peinaient à convaincre.
Du prototype à la certification
Selon le dirigeant, la technologie a obtenu les certifications nécessaires en novembre 2025. Entre cette date et aujourd'hui, Inocel rapporte avoir servi sept clients et prévoit de livrer une dizaine d'unités supplémentaires d'ici la fin de l'année. Ces chiffres, modestes mais concrets, marquent une première phase d'industrialisation et de pénétration commerciale.
« Notre mission, c’est d’apporter de l’électricité ou de la puissance la plus décarbonée possible à tous les acteurs qui en ont besoin »
Ce positionnement illustre une ambition claire : remplacer sans concessions des systèmes thermiques par des solutions hydrogène sur des segments où la fiabilité et la puissance sont critiques.
Quelles économies de CO2 ?
Inocel avance qu'un Gen-Z 300 permettrait d'éviter la production de 1 500 tonnes de CO2 par an (par unité, selon le discours public). Si ce chiffre est significatif, son impact réel dépendra des heures de fonctionnement, du type d'usage et de l'empreinte carbone de l'hydrogène utilisé (production par électrolyse alimentée par renouvelables ou par route fossile).
Clients et marchés visés
- Opérateurs d'événements et sites temporaires remplaçant les groupes diesel
- Chantiers et industries cherchant des solutions mobiles décarbonées
- Opérateurs à l'international où les régulations limitent les émissions des générateurs (ex. Royaume-Uni, Pays-Bas)
Le récit de création évoque aussi une voie d'entrée originale : la collaboration d'acteurs extérieurs, comme l'aventurier Mike Horn, autour d'un projet de véhicule à hydrogène avec le CEA. Ce type d'alliances illustre comment des démonstrations exigeantes ont servi de banc d'essai pour rendre la technologie robuste et industrialisable.
Ce qui reste à vérifier
Plusieurs questions techniques et économiques demeurent ouvertes et détermineront si l'offre d'Inocel peut vraiment remplacer les diesels à grande échelle :
- Le coût total de possession par rapport aux groupes diesel, incluant le prix de l'hydrogène et la maintenance
- L'origine de l'hydrogène utilisé par les clients (bas-carbone ou non)
- La capacité de montée en volume de la production pour répondre à une demande industrielle
| Indicateur | Valeur communiquée |
|---|---|
| Année de création | 2022 |
| Certification | Novembre 2025 |
| Clients servis depuis la certification | 7 |
| Livraisons prévues d'ici fin d'année | ~10 |
| Réduction de CO2 annoncée (par unité/an) | 1 500 tonnes |
L'intention d'Inocel est claire : proposer une solution de puissance mobile et décarbonée capable de remplacer le diesel quand la contrainte opérationnelle ne souffre pas de compromis. La transition passera par la démonstration économique et la disponibilité d'un hydrogène réellement bas-carbone. Si ces conditions sont réunies, les Gen-Z 300 pourraient devenir un élément concret de la réduction des émissions dans des niches industrielles et événementielles, et constituer une opportunité pour l'industrie française de l'hydrogène.
Reste à suivre l'évolution commerciale de l'entreprise et la nature exacte des contrats signés : l'efficacité de la solution dépendra autant de la technologie que de la chaîne d'approvisionnement en hydrogène et du cadre réglementaire européen en matière d'émissions.