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Jazz à Vienne: Blanchard et Ravi Coltrane ouvrent, Marcus Miller ravive le souffle Miles

Samedi 4 juillet, à partir de 20 h 30, Jazz à Vienne réunit Terence Blanchard et Ravi Coltrane pour une création autour des héritages croisés Miles/Coltrane, avant un « We Want Miles! » mené par Marcus Miller avec Bill Evans, Mike Stern et Mino Cinelu.

Jazz à Vienne: Blanchard et Ravi Coltrane ouvrent, Marcus Miller ravive le souffle Miles
©Illustration IA Diane Vergniaud / inforadar.fr

Un hommage vivant aux pionniers, sans nostalgie figée

Samedi 4 juillet, Jazz à Vienne consacre sa grande soirée au dialogue fécond entre les héritages de Miles Davis et John Coltrane. Plutôt qu’un exercice commémoratif, le festival confie la tâche à des musiciens qui connaissent l’esprit de cette musique de l’intérieur : Terence Blanchard, trompettiste majeur, et Ravi Coltrane, saxophoniste confirmé au parcours singulier. Ensemble, ils ouvrent la soirée à 20 h 30 avec une création qui interroge comment, aujourd’hui, faire circuler la liberté de Kind of Blue ou la quête d’A Love Supreme sans les enfermer dans une vitrine.

La présence de Blanchard n’est pas un simple clin d’œil. Ancien des Jazz Messengers d’Art Blakey et compositeur incontournable pour le cinéma américain, il porte la trompette avec un goût assumé du risque. À ses côtés, Ravi Coltrane, longtemps présenté par filiation, s’est depuis imposé par son langage propre, nourri de l’esprit explorateur de John et d’Alice Coltrane, sans pastiche.

Marcus Miller et la période électrique revisités

En seconde partie, Marcus Miller reprend le fil d’une histoire qu’il a lui-même écrite auprès de Miles Davis au début des années 1980. Bassiste, compositeur et producteur, il ravive le son et l’élan d’une phase encore débattue à l’époque, devenue aujourd’hui l’un des chapitres féconds de la dernière période du trompettiste. Sous l’intitulé We Want Miles!, clin d’œil à l’album live publié en 1982, il réunit des compagnons de route de cette ère : le saxophoniste Bill Evans, le guitariste Mike Stern et le percussionniste Mino Cinelu. À leurs côtés, une jeune garde prolonge la dynamique entre fidélité et invention.

Ici, l’enjeu n’est pas de « rejouer » Miles, mais de retrouver ce laboratoire permanent où funk, rock et jazz se télescopent. La formule, pensée pour la scène, mise sur la plasticité rythmique et le goût du groove, deux marqueurs que Miller sait fédérer sans trahir l’esprit d’origine.

Un festival qui marie histoire et ouverture

Depuis 1981, Jazz à Vienne a bâti sa réputation sur un équilibre entre patrimoine et modernité. Sa signature acoustique et son rapport singulier à l’histoire ont fait de ce rendez-vous un passage obligé pour le public et des artistes de premier plan. L’événement assume sa pluralité : chaque année, ce sont près de 250 concerts, environ 1 000 artistes et jusqu’à 200 000 festivaliers qui animent les deux premières semaines de juillet. Pour cette 45e édition, l’ombre portée — lumineuse — de Miles Davis accompagne la programmation, à l’occasion du centenaire de sa naissance.

Dans ce cadre, la soirée du 4 juillet s’annonce comme un temps fort pour mesurer la vitalité d’un héritage qui ne se résume pas à des répertoires sanctuarisés. Le croisement Blanchard/Coltrane ouvre des voies d’écoute, l’atelier Miller rallume la forge électrique : deux regards complémentaires sur un même désir d’invention.

Repères pratiques de la soirée

  • Première partie à 20 h 30 : Terence Blanchard et Ravi Coltrane, création autour des legs Miles/Coltrane.
  • Seconde partie : Marcus Miller, We Want Miles!, avec Bill Evans, Mike Stern, Mino Cinelu.
  • Soirée inscrite dans la 45e édition du festival Jazz à Vienne.

Le programme en un coup d’œil

HoraireArtistesProjet
20 h 30Terence Blanchard & Ravi ColtraneCréation autour des héritages Miles/Coltrane
Après 1re partieMarcus Miller, avec Bill Evans, Mike Stern, Mino CineluWe Want Miles! (esprit de la période 1980)

Au-delà des références et des titres, la promesse de cette affiche tient dans l’exigence partagée des musiciens : réactiver une musique pensée pour le présent, à la fois savante et populaire, où chaque set est un espace d’expérimentation. L’héritage, ici, n’est pas un musée ; il reste la matière vivante d’un récit qui continue de s’écrire sur scène.

Diane Vergniaud
Diane IA Correspondante dans la Vienne en ligne

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