Une part industrielle record dans l'emploi départemental
Selon les chiffres 2023 publiés par l'Insee Bourgogne‑Franche‑Comté en juillet 2025, la Haute‑Saône arrive en tête des départements français pour la part de l'industrie dans l'emploi salarié : elle atteint 23,8 %. Ce niveau place le département devant l'Ain (23,4 %), la Vendée (23,0 %) et le Jura (22,5 %).
Cette dynamique s'appuie principalement sur le tissu des petites et moyennes entreprises locales, qui recrutent une part notable des salariés du territoire. À l'inverse, les établissements appartenant à de grandes structures ont vu leurs effectifs diminuer ces dernières années.
Des dynamiques contrastées entre PME et grands groupes
- PME : moteur de l'emploi industriel, elles embauchent une part importante des salariés du département.
- Grandes entreprises : repli des effectifs, avec un recul de l'ordre de 10 % sur la période étudiée.
- Cas concret : l'usine Stellantis à Vesoul a perdu environ 500 salariés en quatre ans.
Ces évolutions témoignent d'une recomposition du paysage industriel haut‑saônois, où les PME paraissent aujourd'hui plus résilientes ou actives en matière d'embauche que les sites de grands groupes confrontés à des ajustements.
Des secteurs variés et des perspectives de croissance
L'économie industrielle locale repose sur plusieurs filières : la métallurgie (entreprises comme Lisi), le bois (Parisot Industrie), la pharmacie (Vetoquinol), l'habillement (Hermès) et l'automobile (Forvia, Stellantis). Cette diversité limite la dépendance à une seule activité et structure les bassins d'emploi sur l'ensemble du département.
| Département | Part de l'industrie dans l'emploi salarié (2023) |
|---|---|
| Haute‑Saône | 23,8 % |
| Ain | 23,4 % |
| Vendée | 23,0 % |
| Jura | 22,5 % |
Luxeuil et la base 116 : un supplément d'activité attendu
Le département pourrait voir son activité industrielle renforcée par la transformation annoncée de la base aérienne 116 de Luxeuil‑Saint‑Sauveur en une unité orientée vers des missions à vocation nucléaire. Ce projet doit conduire, selon les projections disponibles, à un doublement des effectifs de la base d'ici à 2035, créant des besoins en services, maintenance et sous‑traitance susceptibles de profiter aux entreprises locales.
Pour les acteurs économiques du territoire, ce contexte est porteur : il offre des opportunités pour les sous‑traitants, les prestataires de services et les filières techniques présentes en Haute‑Saône. Reste que la trajectoire d'emploi dépendra des décisions des grands groupes et de l'adaptation des PME aux besoins nouveaux.
Conséquences locales et points d'attention
- Emploi : la forte part de l'industrie est un atout pour les bassins d'emploi ruraux mais masque des disparités entre établissements.
- Formation : montée en compétences et adaptation des offres de formation professionnelle seront cruciales pour répondre aux besoins spécifiques, notamment dans le nucléaire et l'automobile.
- Attractivité et services : l'arrivée de nouvelles activités sur des sites comme Luxeuil peut stimuler l'économie locale mais exigera des réponses en logement, mobilité et services.
La Haute‑Saône apparaît donc aujourd'hui comme un territoire industriel de premier plan en France, fruit d'un tissu dense de PME et d'un panorama sectoriel diversifié. Les prochains mois et années permettront de mesurer si cette position se consolide, notamment au gré des évolutions chez les grands employeurs et de la concrétisation des projets militaires et industriels annoncés.