Un village qui garde ses racines malgré la transformation
Labenne n’est pas seulement une plage sur la côte landaise : c’est une histoire de familles, de routes et de dunes. À travers l’objectif de Guy Dubasque, photographe et éditeur labennais, se dessine la chronique visuelle de cette commune qui a grandi au fil du XXe siècle. Né et élevé ici, il a suivi pas à pas l’évolution d’un lieu qui, pour lui comme pour beaucoup, restera d’abord un village.
Dans un bureau où les tirages forment une véritable archive locale, se lisent des dizaines d’années de quotidien : commerces, maisons, plages et fêtes. Ces images offrent un recul précieux sur les transformations urbaines mais aussi sociales qui ont façonné Labenne.
"Quand j’ai grandi ici, on n’était pas plus de 1 200."
La statistique tient en peu de mots, mais elle dit l’essentiel : la population permanente a été multipliée par cinq depuis les années d’après-guerre et dépasse aujourd’hui les 7 000 habitants. En saison, la commune peut accueillir jusqu’à 22 000 personnes, un chiffre qui témoigne de la pression touristique sur les services et l’espace public.
Des traces du passé à chaque coin de rue
Plusieurs éléments historiques expliquent ce tournant. L’assèchement des marais entrepris au XIXe siècle a permis de libérer des terres ; l’inauguration, en 1930, de l’Institut hélio-marin a ancré Labenne comme station balnéaire. Ces étapes se lisent encore aujourd’hui sur le bâti et la topographie locale.
- La D810, ancien axe national, a favorisé l’arrivée de visiteurs et le commerce.
- Les changements de vocation des bâtiments montrent l’évolution des usages (cafés, commerces, restaurants).
- La mémoire photographique de la commune joue un rôle d’archive pour les générations actuelles et futures.
Guy, qui parcourt la ville dans sa voiture surnommée avec malice, connaît chaque façade et chaque histoire. Son regard allie la tendresse d’un natif et le regard critique d’un observateur attentif aux effets du tourisme et de l’urbanisation.
Pourquoi ces archives comptent pour Labenne
Les collections photographiques locales sont plus qu’un recueil d’images : elles servent à documenter l’évolution des paysages, à informer les débats municipaux et à transmettre la mémoire collective. Pour les habitants, elles évoquent des repères perdus ou transformés ; pour les visiteurs, elles éclairent les raisons d’être d’une station balnéaire qui a su conserver une partie de son identité.
| Repères | Dates / chiffres |
|---|---|
| Population dans l’enfance de Guy | ~1 200 |
| Population actuelle | >7 000 |
| Affluence estivale | jusqu’à 22 000 |
| Inauguration Institut hélio-marin | 1930 |
À Labenne, la mémoire se regarde et se partage. Les photographies de Guy Dubasque rappellent que derrière la carte postale d’été se tiennent des vies quotidiennes et des héritages à préserver. Dans ce coin des Landes, entre dune et forêt, la transition d’un village vers une ville balnéaire continue de s’écrire sous l’œil attentif des habitants.