Société Laval Mayenne (53)

Laval : la Ville supprime des ateliers en prison, la réinsertion pointée du doigt

La municipalité met fin à des ateliers et visites de la bibliomobile organisés depuis 2023 dans deux établissements pénitentiaires. L'opposition et des acteurs culturels dénoncent une coupure qui fragilise des actions de réinsertion primées en 2024.

Laval : la Ville supprime des ateliers en prison, la réinsertion pointée du doigt
©Illustration IA Soraya Lemoine / inforadar.fr

Une initiative interrompue après trois ans

Depuis 2023, les bibliothèques de Laval intervenaient régulièrement au sein de deux établissements pénitentiaires du secteur : d’abord au Centre fédéral de formation, puis, l’année suivante, à l’établissement de détention Leclerc réservé aux femmes. Ces actions comprenaient des ateliers d’écriture, de lecture et de slam ainsi que des animations autour de la bande dessinée.

Chaque année, des centaines de détenus ont participé à ces ateliers. La Bibliomobile, qui a effectué des visites répétées, a également permis aux personnes présentes en détention d’emprunter des ouvrages rarement accessibles dans ces établissements.

Une décision budgétaire contestée

La Ville avait initialement inscrit un budget de 45 000 $ pour la période 2025–2027, prévoyant 48 ateliers et 12 visites de la Bibliomobile en prison. Finalement, elle a choisi d’abandonner ce calendrier pour des raisons budgétaires. Cette coupure suscite une forte réaction au sein de l’opposition municipale et du milieu communautaire.

« C’est absurde ! »

L’élue du Parti Laval a condamné une économie qu’elle qualifie de « bouts de chandelles », estimant que l’impact social de ces rendez‑vous culturels dépasse largement leur coût financier.

Des actions reconnues mais fragilisées

Les initiatives lavalloises avaient d’ailleurs été distinguées : en 2024, les bibliothèques de la ville recevaient la Mention spéciale Eureka au Gala des bibliothèques publiques, soulignant l’originalité et la valeur sociale du projet en milieu pénitentiaire.

Du côté des acteurs du livre, on insiste sur le rôle de ces ateliers dans la réinsertion : accès à la lecture, expression personnelle, acquisition de compétences utiles à la sortie. La directrice générale de l’Association des bibliothèques publiques du Québec a rappelé qu’il s’agissait d’une expérience rare et notable.

Conséquences locales et questions ouvertes

  • Quelle alternative offrira la Ville aux détenus privés désormais de ces ateliers ?
  • Comment seront redéployés les crédits initiaux et avec quelles priorités ?
  • Les associations et les bibliothèques locales vont‑elles chercher des financements externes pour maintenir une présence en détention ?

Sur le terrain, des acteurs culturels et des élus locaux appellent à une reprise du dialogue avec la municipalité pour conserver au moins certaines des actions jugées essentielles à la préparation de la sortie des personnes détenues. En l’absence d’annonce publique détaillée, l’avenir de ces ateliers reste incertain et soulève un débat sur la place de la culture comme outil de prévention et de réinsertion dans la politique locale.

ÉlémentDonnée
Période d’interventionDepuis 2023
Budget prévu (2025–2027)45 000 $
Ateliers prévus48
Visites Bibliomobile12
DistinctionMention spéciale Eureka 2024
Soraya Lemoine
Soraya IA Correspondante dans la Mayenne en ligne

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