Une année 2025 marquée par des dépenses imprévues
La Ville de Laval a annoncé qu’elle devra combler un manque à gagner de 11,3 millions pour l’exercice 2025. Le constat, révélé mercredi par l’administration municipale, marque un retournement notable par rapport à 2024, année où la collectivité avait dégagé un surplus important.
Deux postes expliquent l’essentiel de cet écart : d’une part, la facture du déneigement, fortement allégée par un hiver 2025 particulièrement rigoureux ; d’autre part, le renouvellement des conventions collectives, notamment pour les cols bleus et les policiers, qui a entraîné des augmentations salariales significatives.
- Déficit fonctionnel : 11,3 millions
- Hausses salariales prévues : 21,5 % dans le nouveau cadre adopté
- Dette totale : près de 1,2 milliard
| Poste | Écart annoncé |
|---|---|
| Dépenses opérationnelles | +53 millions |
| Recettes de fonctionnement | +13 millions |
Selon la Ville, les dépenses ont dépassé les prévisions d'environ 53 millions, tandis que les recettes n'ont progressé que d'environ 13 millions, grâce notamment à des transferts gouvernementaux et à une hausse des droits de mutation.
Opposition et inquiétudes : un plan de redressement demandé
À l’hôtel de ville, l’opposition a rapidement réagi. Le Parti Laval dénonce une « gestion financière imprudente » et s’inquiète de l’état des fonds et des réserves, déjà mis à contribution par l’obligation légale d’équilibrer les comptes. Dans ce contexte, les élus réclament la présentation d’un plan de redressement.
« C’est plus difficile pour tout le monde. Le citoyen le voit, le gouvernement aussi. Et moi, je m’attends à ce que les deux ou trois prochaines années restent difficiles sur le plan des finances publiques. »
Cette phrase, attribuée au maire Stéphane Boyer dans la dépêche, résume la tonalité prudente de l’exécutif municipal face à la situation. Le recours aux réserves est rendu obligatoire par la législation qui interdit aux villes d’enregistrer un déficit comptable, ce qui signifie que la commune devra puiser dans ses moyens propres pour compenser l’écart.
Pour les habitants, les conséquences se traduiront peut‑être par une vigilance accrue sur l’évolution des services rendus et sur les projets municipaux à venir. La nécessité d’un plan de redressement, demandé par l’opposition, devrait être au centre des discussions lors des prochaines réunions du conseil municipal.
Dans un contexte national où les collectivités anticipent des années de contraintes budgétaires, la trajectoire financière de Laval restera un sujet suivi de près par les citoyens et les acteurs locaux.