À l'est de l'île, le Groupe Hospitalier Est de La Réunion (GHER) enclenche une série de chantiers visant à adapter l'offre de soins à une demande qui ne cesse d'augmenter. Sur le terrain, direction et personnels soignants s'accordent : il faut réorganiser pour garantir une prise en charge de qualité, alors même que des tensions sociales pèsent sur le calendrier.
Une fréquentation des urgences en forte progression
Le premier constat qui pousse aux changements est la hausse durable de l'activité aux urgences. En quatorze ans, le nombre moyen de passages quotidiens est passé d'environ 60 à plus de 110 patients. Cette évolution accentue les difficultés d'accueil et de lits disponibles, et fragilise l'organisation des services hospitaliers.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Durée de la référence | 14 ans |
| Passages journaliers (moyenne) | d'environ 60 → plus de 110 |
La direction justifie la création d'un nouveau service des urgences pour absorber cette montée en charge et améliorer les parcours patients. Les médecins alertent sur les conséquences actuelles : hébergement de patients en chirurgie faute de lits adaptés, avec des prises en charge qui ne correspondent pas toujours aux besoins médicaux réels.
« C’est une innovation. C’est un projet très attendu par la communauté médicale. Je suis d’astreinte ce week‑end et j’ai peur, parce que nous avons cette difficulté à trouver des lits. Nous sommes souvent obligés d’héberger des patients en chirurgie, alors que leur prise en charge ne sera pas la même que dans un service de médecine »
— extrait d’une prise de parole de Judith Gounou, présidente de la commission médicale d’établissement du GHER.
Prise en charge du cancer du sein et réorganisation du bloc
Autre chantier majeur : la mise en place d'une offre publique de chirurgie du cancer du sein sur le site du GHER. Dès la rentrée, les patientes du Nord‑Est pourront être opérées localement, en complément des prestations existantes du secteur privé dans le Nord. La direction indique que des praticiens du CHU et du privé interviendront sur le site pour consulter et opérer.
Enfin, la question des astreintes au bloc opératoire impose une révision des pratiques : la Chambre régionale des comptes a fixé un délai de mise en conformité au 31 décembre 2026. La direction annonce des recrutements pour respecter ce calendrier.
« Il s’agira de l’unique offre publique sur le secteur Nord‑Est, en complément de l’offre privée qui existe déjà dans le Nord… Des recrutements supplémentaires sont prévus pour notre territoire »
— propos rapportés de Lionel Calenge, directeur général du CHU‑GHER.
Ce que cela change pour les usagers et le personnel
Concrètement, les principaux axes de travail sont :
- construction d’un nouveau service des urgences pour désengorger l'existant ;
- mise en place d’une offre publique de chirurgie du cancer du sein sur le site du GHER ;
- réorganisation des astreintes au bloc opératoire pour respecter la réglementation avant la fin 2026, accompagnée de recrutements.
Si la direction donne des garanties sur les moyens à venir, le climat social reste tendu : des équipes, notamment au bloc opératoire, ont déjà exprimé leurs inquiétudes et engagé des démarches collectives. Le succès des réformes dépendra autant des recrutements promis que de la capacité à apaiser les personnels et à sécuriser les parcours patients.
Sur le terrain, la population du territoire attend des résultats rapides : davantage de lits adaptés aux urgences, des soins oncologiques de proximité et un bloc opératoire conforme aux normes, autant d'objectifs qui détermineront la qualité des soins dans les mois à venir.