Des renforts pour contrer le trafic de drogue depuis le Grand port maritime
En déplacement en Guyane, le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a détaillé lundi une série de mesures destinées à renforcer la lutte douanière contre le narcotrafic et les trafics parallèles. Présentées comme la « première étape » du plan douane 2030, ces annonces visent à adapter les moyens aux routes et aux méthodes employées par les réseaux sur le littoral guyanais.
Le ministre a formulé ses annonces lors d'une visite au Grand port maritime, plateforme logistique désormais dans le viseur des trafiquants depuis la mise en place du dispositif « 100% contrôle » à l'aéroport Félix-Eboué en 2022.
"nous sommes en première ligne de la lutte contre le narcotrafic, les contrefaçons, l'orpaillage..."
Pour renforcer les capacités locales, l'État prévoit plusieurs mesures concrètes : recrutement de personnels, renforcement de la surveillance maritime et équipement technique dédié au contrôle des conteneurs.
- 15 postes supplémentaires pour les douanes, soit une hausse d'environ 10 % des effectifs locaux ;
- la location d'un avion Beechcraft pour la surveillance de la haute mer ;
- le déploiement d'un scanner mobile spécial (SMS) au Grand port maritime, attendu l'année prochaine, pour scanner l'ensemble des conteneurs avec davantage de précision.
Les douaniers de Guyane disposent déjà d'un scanner basse intensité installé dans une camionnette, qui permet aujourd'hui de contrôler 93 % des conteneurs destinés à l'export. Le nouvel appareil doit étendre la capacité de contrôle à la totalité des flux sortants et améliorer la détection.
| Mesure | Détail chiffré |
|---|---|
| Effectifs | +15 postes (~+10 %) |
| Surveillance aérienne | Location d'un avion Beechcraft |
| Équipements scanners | Scanner mobile spécial (mise en service attendue l'an prochain) |
| Budget national annoncé | 419 millions d'euros pour le plan douane |
Ces moyens s'inscrivent dans un plan national plus vaste : début juillet, le ministre avait présenté un paquet de 419 millions d'euros destiné aux douanes, avec l'objectif de déployer 25 scanners supplémentaires sur le territoire d'ici 2030.
Les annonces interviennent alors que la Guyane est déjà confrontée à des saisies significatives. Selon la préfecture, l'an dernier les douanes ont intercepté 466 kg de cocaïne, 70 kg de cannabis et 1 212 kg de tabac. Plus récemment, en avril 2024, 1,8 tonne de cocaïne avait été saisie au Grand port maritime, dissimulée dans des conteneurs.
Pour la population et les entreprises locales, ces évolutions peuvent se traduire par une intensification des contrôles aux abords des terminaux et des délais supplémentaires pour certaines opérations d'exportation. Les autorités estiment toutefois que le maintien du dispositif « 100% contrôle » à l'aéroport et le renforcement des moyens portuaires sont complémentaires pour contenir les circuits d'acheminement de stupéfiants vers l'Europe.
Reste à connaître le calendrier précis des recrutements et la durée de la location de l'appareil aérien, ainsi que la formation opérationnelle des équipes à l'usage du scanner mobile. À quelques mois d'échéances politiques nationales, cette annonce marque une montée en puissance des moyens affectés à la lutte contre les trafics en Guyane, où la géographie et les flux maritimes imposent des réponses techniques et humaines adaptées.