Prêt ponctuel de matériel opérationnel, la controversé enfle
Dans un contexte de feux de forêt particulièrement virulents dans le Var, le maire d’Aubagne, Jean‑Pierre Squillari (DVG), se retrouve au cœur d’une polémique après avoir fait venir du matériel des sapeurs‑pompiers pour protéger son cabanon situé à Barjols. La diffusion de l’information, relayée par un compte local proche de l’opposition, a déclenché une vague d’interrogations et d’indignation sur les réseaux sociaux.
Selon les éléments publiés, la mise à disposition concernait une pompe portative, trois couronnes de tuyaux de 20 mètres et une lance d’attaque incendie. Les internautes s’interrogent sur la légitimité de l’accès à des moyens opérationnels appartenant au Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) et sur l’existence éventuelle de passe‑droits pour les élus.
| Matériel prêté | Quantité |
|---|---|
| Pompe portative | 1 |
| Couronnes de tuyaux (20 m) | 3 |
| Lance d’attaque incendie | 1 |
Interrogé, l’élu se défend en rappelant son passé de sapeur‑pompier et en évoquant une démarche qu’il présente comme « citoyenne » face à une situation critique, lorsque les secours n’étaient pas en mesure d’intervenir sur certaines zones jugées trop dangereuses. Il affirme que le matériel n’a à aucun moment fait défaut au centre de secours d’Aubagne et que le prêt s’inscrit dans une « tradition » de solidarité au sein du corps.
« J’ai sollicité la mise à disposition de ce matériel dans le seul but de protéger, de façon citoyenne, mon cabanon situé à Barjols, alors que les pompiers locaux, confrontés à une situation critique, ne pouvaient intervenir sur des zones jugées trop dangereuses. »
Pour des habitants et certains opposants, la question centrale reste procédurale : selon quelles règles un élu peut‑il obtenir des moyens opérationnels du SDIS ? Ces documents appartiennent au service public et leur emploi est normalement encadré par des protocoles de sécurité et de responsabilité. La mise en lumière de l’affaire relance ainsi le débat sur la transparence et l’égalité d’accès aux moyens de protection civile.
- Enjeu éthique : pot‑de‑fermeté entre intérêt privé et service public en période de crise.
- Enjeu opérationnel : disponibilité et allocation du matériel face à des incendies majeurs.
- Enjeu politique : image et responsabilités d’un élu ancien pompier.
Sur le terrain, la situation reste sensible : des communes du département ont déjà fermé des massifs et les services de secours sont mobilisés sur plusieurs foyers. Au‑delà de l’affaire locale, cette polémique pose des questions concrètes pour les Varois sur les règles d’usage des moyens de lutte contre l’incendie et sur la façon dont sont gérées les priorités en période de crise.
Les services compétents du SDIS et la préfecture n’ont pas, à ce stade, publié de communication détaillée sur les modalités de ce prêt ni sur d’éventuelles suites administratives. Les habitants d’Aubagne et de Barjols attendent des éclaircissements sur la procédure appliquée et, plus largement, sur les garanties de neutralité et d’équité dans l’accès aux moyens de secours.