Une plainte déposée au cœur de la campagne
Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle de 2027 et président du parti Renaissance, a déposé vendredi 7 août une plainte pour « ingérence étrangère » dont l'origine est, selon ses avocats, « des réseaux russes ». L'action vise des opérations numériques qui, d'après le dossier transmis à la justice, comprendraient des deepfakes, de faux reportages vidéo et des unes de presse falsifiées destinées à désorienter l'opinion.
La plainte, dont l'AFP a obtenu copie, vise des faits qualifiés de « manipulation de l'information » et de « fabrication de contenus truqués » susceptibles, selon les conseils du candidat, de porter atteinte « aux intérêts fondamentaux de la nation et à la sincérité du scrutin présidentiel à venir ».
« des faits d’ingérence étrangère, de manipulation de l’information, de fabrication de contenus truqués, susceptibles de porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation et à la sincérité du scrutin présidentiel à venir »
Signalement et rôle des services de l'État
Selon les avocats Me Sacha Ghozlan et Me Lucas Veil, le candidat a été alerté par le SGDSN, et plus précisément par le service Viginum, chargé de la vigilance contre les ingérences numériques étrangères. Un premier signalement a été fait mercredi au sujet d'une « ingérence numérique extérieure » en provenance de Russie ; les services de l'État auraient ensuite informé d'une « nouvelle opération d'ingérence » constatée jeudi.
Les procédés dénoncés
Le recours à des contenus truqués, détaillé par les conseils, recouvre plusieurs types d'atteintes :
- deepfakes visant à faire croire à des déclarations ou comportements factices ;
- faux reportages vidéo diffusés par des comptes usurpant l'identité de médias ;
- fausses unes et éléments graphiques imitant des chartes visuelles pour légitimer des informations mensongères.
Les avocats ajoutent que certains éléments chercheraient à renvoyer la responsabilité des manipulations vers le principal intéressé, en faisant croire que Gabriel Attal aurait lui-même orchestré ces campagnes — un procédé destiné à semer la confusion sur l'origine des contenus falsifiés.
Enjeux politiques et juridiques
La stratégie judiciaire vise à obtenir que la justice qualifie et sanctionne ces ingérences avant que la campagne présidentielle n'entre dans sa phase la plus intense. Au-delà du cas personnel du candidat, la procédure soulève des questions institutionnelles : comment les autorités identifient-elles et attribuent-elles des campagnes d'influence étrangères ? Quels moyens de protection et de réponse peuvent être activés pour préserver la sincérité du scrutin ?
Calendrier résumé
| Date | Événement |
|---|---|
| Mercredi | Premier signalement d'une ingérence numérique extérieure « en provenance de Russie » |
| Jeudi | Nouvelle opération d'ingérence signalée aux services de l'État |
| Vendredi 7 août | Dépôt de la plainte à Paris par les avocats du candidat |
En déposant cette plainte, le camp Attal cherche non seulement à faire reconnaître des faits, mais aussi à inscrire la lutte contre les manipulations numériques au premier plan du débat public. L'affaire promet d'entraîner des auditions et des vérifications techniques, et elle pourrait servir de test pour les capacités de l'État à contrer des ingérences étrangères en période électorale.