Le chef du SDIS 33 répond aux critiques après le feu de Saumos
À la suite du gigantesque incendie parti de Saumos et qui a ravagé plusieurs communes de la côte médocaine, Marc Vermeulen, directeur du Service départemental d'incendie et de secours de la Gironde, a tenu à répondre publiquement aux accusations formulées par des habitants du Porge qui estiment avoir été "sacrifiés" au profit d'autres secteurs, notamment la presqu'île du Cap Ferret.
Dans un entretien accordé à Sud Ouest, le patron des pompiers a rejeté toute idée de favoritisme : "
Nous n’avons jamais abandonné Le Porge." Il reconnaît toutefois que des mouvements de moyens ont eu lieu vers Lacanau et Lège, sur la presqu'île, mais précise que ceux-ci concernaient essentiellement des renforts médicaux, des camions de carburant et du soutien sanitaire, et non un « détournement » des capacités de lutte contre l'incendie.
Marc Vermeulen insiste sur la logique qui a guidé les décisions opérationnelles : « la priorité numéro 1 : sauver des vies ». Il affirme n'avoir subi « aucune pression » d'élus ou d'autorités et réfute les rumeurs évoquant des interventions de personnes en lien avec le Cap Ferret. Le discours vise à expliquer que certaines zones ont nécessité une vigilance particulière en raison de leur configuration géographique — le Cap Ferret étant décrit comme un cul-de-sac menacé par le front nord du feu — et non par considération sociale des propriétaires.
Au Porge, le ressentiment reste vif. La commune concentre une part importante des habitations détruites : 183 des 240 maisons incendiées dans l'ensemble du sinistre se situent sur cette commune. Un collectif d'habitants a annoncé son intention de porter plainte, alimentant une défiance vis-à-vis des autorités opérationnelles et politiques.
- Position du SDIS : aucun détournement de moyens, priorité à la protection des vies.
- Incompréhension locale : mouvements de matériels et personnels vers d'autres secteurs perçus comme des désengagements.
- Suites annoncées : dépôt de plainte d'un collectif d'habitants du Porge.
La déclaration du dirigeant des sapeurs-pompiers souligne aussi la complexité des décisions prises en situation de crise majeure : arbitrer entre protection des personnes, préservation des habitations et lutte contre une végétation qui, dans ce cas, a alimenté une propagation extrêmement rapide du feu. Selon le SDIS, la manœuvre a pu « susciter une incompréhension » chez certains riverains sans pour autant traduire une orientation discriminante des moyens.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Maisons détruites (Le Porge) | 183 |
| Maisons détruites (total cité) | 240 |
Sur le terrain, la tension entre riverains et autorités de secours illustre la difficulté à concilier communication, transparence et exigence opérationnelle après un sinistre de cette ampleur. Les audiences publiques et les procédures annoncées par les collectifs locaux seront à suivre : elles pourraient conduire à des examens plus détaillés des décisions prises lors des premiers jours de l'incendie et à des enseignements pour la gestion des crises futures.
Pour les habitants du Porge, au-delà des débats sur les priorités de déploiement, l'urgence reste le soutien aux familles sinistrées et la reconstruction d'un tissu communal fortement touché. Le SDIS continue de souligner que l'incendie est désormais « maîtrisé » mais demeure sous surveillance, tandis que les enquêtes et démarches juridiques se poursuivent.