Une nouvelle décision judiciaire qui bloque les tirs nocturnes
Le tribunal administratif de Toulouse a de nouveau freiné la mise en œuvre d'opérations d'« effarouchement » visant des ours sur l'estive dite d'Arréou, en Ariège. Mardi 4 août, le juge des référés a suspendu deux arrêtés préfectoraux, saisis en urgence par l'association One Voice.
Il s'agit de la seconde décision en une dizaine de jours concernant ce secteur : un premier arrêté avait déjà été suspendu le 25 juillet. Le premier texte suspendu autorisait l'Office français de la biodiversité (OFB) à effectuer des tirs pendant les nuits des 4 et 5 août. Le second permettait aux éleveurs du groupement pastoral d'Arreau d'effectuer des tirs du 2 au 24 août sur le secteur de Berbégué.
| Date | Objet | Etat |
|---|---|---|
| 25 juillet | Premier arrêté d'effarouchement (Arréou) | Suspension par le tribunal |
| 2-24 août (arrêté) | Tirs autorisés aux éleveurs (Berbégué) | Suspension du 4 août |
| 4-5 août (arrêté) | Tirs nocturnes par l'OFB | Suspension du 4 août |
Dans son communiqué, One Voice a salué la décision et dénoncé ce type de mesures. L'association attire l'attention sur les effets concrets des tirs d'effarouchement et sur les risques pour des femelles accompagnées de leur progéniture, ainsi que sur les possibles dommages auditifs pour la faune.
« derrière le terme presque anodin d'"effarouchement", il y a des détonations, de la peur et des animaux contraints de fuir »
Les opposants aux arrêtés militent pour des alternatives jugées moins agressives et plus durables pour la coexistence entre élevage et prédateurs : renforcement de la présence humaine, chiens de protection, parcs de regroupement nocturne électrifiés, clôtures et adaptations des pratiques pastorales. Ces dispositifs sont déjà utilisés et subventionnés dans d'autres estives, note notamment la littérature technique et associative.
Du côté des autorités, la préfecture avait motivé ces arrêtés par la nécessité de protéger les troupeaux et d'apaiser les tensions locales. La suspension judiciaire montre cependant que le juge des référés a estimé que les décisions préfectorales posaient, au moins provisoirement, des doutes suffisants quant à leur légalité ou à leur proportionnalité.
Sur le terrain, cette nouvelle décision relance le débat entre bergers inquiets pour leurs bêtes et associations de protection de la nature. Pour les éleveurs, la question du financement et de l'installation rapide de dispositifs de protection reste essentielle ; pour les associations, les tirs — même qualifiés d'effarouchement — présentent des risques pour la dynamique des populations d'ours et pour le bien-être animal.
À court terme, la suspension empêche l'exécution des tirs prévus et ouvre la voie à des recours qui devront trancher sur le fond des arguments juridiques et techniques avancés par les parties. À moyen terme, la situation souligne la nécessité d'un dialogue local approfondi et d'une évaluation fine des mesures de coexistence adaptées aux estives pyrénéennes.
- Décision judiciaire : suspension de deux arrêtés préfectoraux (4 août).
- Enjeu : gestion des conflits entre pastoralisme et présence d'ours.
- Alternatives proposées : parcs électrifiés, chiens de protection, renforcement de la présence humaine.