Un signal politique qui relance la LGV entre Montpellier et Perpignan
Après un an d’attentisme, Sète Agglopôle et ses 14 communes réactivent leur contribution au projet de ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan. L’intercommunalité annonce le déblocage de sa part financière, gelée l’an passé au regard des inquiétudes locales sur le tracé, l’environnement et l’avenir de la ligne dite « classique ».
Le projet, estimé à près de 5 milliards d’euros, revient ainsi sur les rails côté Sétois, avec l’assurance — écrite, selon l’intercommunalité — de l’État et de la SNCF sur plusieurs points sensibles. Cette inflexion s’inscrit dans un dossier au long cours qui structure l’axe littoral et la desserte ferroviaire entre l’Hérault et les Pyrénées-Orientales.
Des garanties annoncées: TER renforcés et fret transféré
Selon l’intercommunalité, l’une des évolutions majeures tient au rééquilibrage entre grande vitesse, fret et trafic régional. La nouvelle infrastructure doit absorber jusqu’à 50 % du fret actuellement en circulation, désengorgeant la ligne existante. À la clé, une hausse de l’offre régionale: de 68 TER quotidiens à « une centaine » sur la ligne classique, annonce Sète Agglopôle, avec des perspectives d’augmenter les liaisons vers les deux gares de Montpellier, ainsi que celles de Lyon et Paris.
Pour Montpellier et sa métropole, ce réaménagement promet des correspondances plus fluides et une densification des dessertes du quotidien, si les engagements se confirment. Les usagers pourraient y voir un bénéfice concret: des trains plus fréquents sur l’axe historique et une séparation plus nette des flux longue distance et marchandises.
Un financement relancé et cadré
L’intercommunalité sétoise indique débloquer 840 000 € au total, principalement pour des études amont, versés à hauteur de 210 000 € par an sur quatre exercices. Ci-dessous, l’engagement tel qu’annoncé :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Contribution annuelle | 210 000 € |
| Durée | 4 ans |
| Total | 840 000 € |
Ce cadrage financier intervient après une mise en pause décidée sous la précédente présidence de l’agglomération, conduite par François Commeinhes. La nouvelle équipe, désormais aux commandes, dit avoir reçu des engagements écrits sur les sujets posant litige.
Environnement : forages à Poussan et ressource en eau
Le volet environnemental faisait partie des blocages. Les oppositions locales ciblaient notamment les forages préparatoires près de Poussan et le risque pour la source d’Issanka, qui assure 70 % de l’approvisionnement en eau de Sète. L’intercommunalité assure avoir été « rassurée » sur ce point, affirmant que ces opérations n’auraient pas d’impact négatif sur la ressource. La vigilance citoyenne et institutionnelle restera toutefois forte à mesure que les études et procédures avanceront.
Un choix assumé malgré les réticences
Si les garanties sont jugées suffisantes par Sète Agglopôle pour sortir du gel, le débat n’est pas clos sur le littoral héraultais. Tracé contesté, viaduc à Poussan, articulation avec les gares existantes : autant de sujets où les associations et certains élus expriment toujours des réserves. La dimension régionale du projet, qui excède les frontières communales, pèse cependant dans l’équation locale.
« Le projet se fera, avec ou sans nous... »
Cette formule, évoquée pour souligner le caractère structurant et national du dossier, replace la décision sétoise dans un contexte plus large : celui d’une grande dorsale ferroviaire sud qui conditionne l’offre à Montpellier comme à Sète, et le partage des sillons entre TGV, TER et fret.
Ce que les Montpelliérains peuvent attendre
- Une hausse annoncée des TER sur la ligne existante, avec l’objectif de passer d’environ 68 circulations quotidiennes à « une centaine ».
- Des correspondances renforcées entre les deux gares de Montpellier et les axes Lyon/Paris, si les engagements se traduisent en horaires concrets.
- Une séparation accrue des flux de fret sur la LGV, réduisant la pression sur la ligne classique et pouvant améliorer la régularité.
Reste à suivre, côté montpelliérain, la déclinaison précise de ces promesses : cadencement, amplitude horaire, temps de parcours, et articulation entre gares. À ce stade, l’annonce sétoise constitue un jalon politique et financier, qui peut compter dans le calendrier des études et l’affinage des impacts pour l’agglomération de Montpellier.