Marine Le Pen a déclaré mardi soir sa candidature à l’élection présidentielle de mai 2027, quelques heures après la publication de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris la déclarant coupable de détournements de fonds du Parlement européen. La dirigeante du Rassemblement national a annoncé qu’elle saisirait la Cour de cassation et qu’elle ferait campagne « sans bracelet électronique » en raison, selon elle, de l’effet suspensif du pourvoi en cassation.
Un recours qui conditionne la campagne
La dirigeante, donnée favorite dans plusieurs sondages, a expliqué vouloir contester la décision devant la plus haute juridiction française et s’est dite confiante quant à l’issue de ce pourvoi. Elle a rappelé qu’elle entendait démontrer son innocence et occuper la scène politique dans l’attente de la décision de la Cour de cassation.
« Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle », a-t-elle déclaré.
La condamnation prononcée par la justice comprend une peine de trois ans d’emprisonnement dont un an sous bracelet électronique, ainsi qu’une peine complémentaire d’inéligibilité d’une durée totale de 45 mois, dont 30 mois avec sursis. Selon l’arrêt, la configuration actuelle des peines permet néanmoins à Marine Le Pen de rester éligible pour l’élection présidentielle de 2027, situation qu’elle a saluée comme un rétablissement de son aptitude à se présenter.
Un « binôme » politique et une campagne lancée
Lors de son allocution, elle a évoqué son partenariat politique avec Jordan Bardella, qu’elle décrit comme un « binôme » et présente comme le futur Premier ministre si elle l’emportait. Elle a indiqué que la direction du parti entamerait très rapidement la campagne présidentielle avec lui, confirmant la feuille de route stratégique du Rassemblement national.
- Position judiciaire : pourvoi en cassation annoncé, qui suspendrait les effets de l’arrêt d’appel.
- Sanctions prononcées : 3 ans de prison (1 an sous bracelet) et 45 mois d’inéligibilité (30 mois avec sursis).
- Conséquences politiques : maintien de la dynamique de campagne et recours juridique prolongé.
Enjeux et perspectives
Le maintien de sa candidature relance immédiatement des questions sur la campagne à venir : la manière dont le RN articulera sa stratégie juridique et politique, l’impact sur les électeurs indécis et la riposte des formations concurrentes. Sur le plan institutionnel, l’affaire illustre la tension entre décisions judiciaires et calendrier électoral, soulevant des interrogations sur la place des recours extraordinaires dans la compétition présidentielle.
| Élément | Durée / Détail |
|---|---|
| Emprisonnement | 3 ans (dont 1 an sous bracelet électronique) |
| Inéligibilité complémentaire | 45 mois (dont 30 mois avec sursis) |
La campagne qui s’ouvre s’effectuera donc dans un cadre juridique encore incertain. Si la Cour de cassation devait confirmer l’arrêt, les conséquences pour la candidature dépendraient des règles d’exécution des peines et des dispositions relatives à l’inéligibilité. À l’inverse, un rejet du pourvoi rétablirait pleinement la leader du RN dans sa capacité à conduire la campagne jusqu’au scrutin de 2027. Entre stratégies juridiques et calculs politiques, l’annonce de mardi marque une étape décisive dans la recomposition du paysage national en vue de la présidentielle.