Le parquet considère qu'aucun lien pénal n'a été établi
Un an après l'incendie du 8 juillet 2025 qui a parcouru les collines et atteint le quartier de l'Estaque, le parquet d'Aix-en-Provence a annoncé le classement sans suite de l'enquête sur les responsabilités. Selon le procureur Jean-Luc Blachon, les investigations n'ont pas permis d'établir un lien de causalité entre la voiture en feu qui a déclenché le sinistre et la responsabilité pénale de son conducteur.
Ce feu, survenu lors d'une période de canicule, avait ravagé près de la ville et des espaces périurbains : la puissance du sinistre a laissé des traces matérielles et humaines profondes. Dans les mois qui ont suivi, habitants et associations ont multiplié les plaintes et les demandes d'explications quant à la gestion des secours.
Des dégâts massifs et des familles toujours sinistrées
Les chiffres donnent la mesure du choc subi par le territoire :
- 750 hectares parcourus par les flammes, selon le bilan initial;
- 97 habitations détruites, partiellement détruites ou rendues inhabitables;
- Environ 120 plaintes déposées par des victimes réunies au sein d'une association.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Surface brûlée | 750 hectares |
| Logements touchés | 97 |
| Plaines déposées | ~120 |
Lors d'une conférence de presse à Marseille, Mathilde Favier, représentante de l'association des victimes, a fait part de la colère et du désarroi des familles :
"On est dans une situation intenable aujourd'hui, épuisés psychologiquement, physiquement et financièrement, et on a besoin de comprendre pourquoi".
Elle déplore également le silence entourant le traitement des plaintes : "On n'a jamais eu des nouvelles des quelque 120 plaintes déposées, même pas un accusé de réception."
Des reproches sur la conduite des secours, des positions divergentes
Les critiques se sont portées sur la conduite des opérations de secours ce jour-là. Certains riverains et responsables locaux reprochent des retards et un défaut de coordination. Les regards se sont notamment tournés vers le préfet de l'époque, qui avait pris le commandement des opérations à la mi-journée.
Interrogé sur l'ensemble de la gestion de cet épisode, le nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a tenu à relativiser : il a souligné que, face à un feu d'une telle ampleur, les forces ont été déployées correctement et que l'absence de victimes humaines restait "l'essentiel".
Conséquences locales et attentes des sinistrés
Un an après, la plupart des foyers touchés n'ont pas pu retourner chez eux. Au-delà des décisions judiciaires, c'est la question des aides, des relogements et du suivi psychologique qui reste au cœur des préoccupations. L'association des victimes réclame des éléments précis sur le déroulé des secours et sur l'instruction des plaintes.
Pour les habitants de l'Estaque et des communes voisines, le classement de l'enquête ne clôt pas la période de questions. Il pose au contraire la nécessité d'une réponse administrative et sociale : comment accompagner durablement des familles privées de leur toit et apaiser une colère qui perdure?
Le dossier pourrait encore évoluer si de nouveaux éléments devaient émerger ou si d'autres procédures civiles ou administratives étaient engagées. En attendant, la plaie est loin d'être refermée dans ce coin nord de Marseille.