Ouverture sans faste pour la Semaine halieutique
Le parvis de l'hôtel de ville de Martigues aurait dû vibrer aux applaudissements et aux récits de pêche. Mercredi soir, pour le coup d'envoi de la 21e Semaine halieutique, la scène est restée étrangement silencieuse : sur les 20 équipages alignés pour la Coupe régionale PACA, aucun n'a présenté de prise spectaculaire.
Sur le port, les cales sont rentrées vides — ou presque — et la déception se lisait sur les visages autant que dans les témoignages recueillis. Les habitués du concours, qui viennent souvent afficher des prises impressionnantes, ont cette année retrouvé une mer avare. La pesée n'a pas délivré le spectacle attendu.
« On est très déçus parce qu’on n’a pas marqué beaucoup de poisson, très peu. »
Parmi les rares morsures enregistrées, un poisson d'environ 1,38 mètre a été travaillé puis pris, tandis qu'un autre a décroché lors du combat. Ces incidents traduisent à la fois la frustration du moment et une inquiétude plus profonde sur l'état des ressources halieutiques locales.
- Participants : 20 équipages
- Prises présentées : inexistantes ou très rares
- Plus grande prise signalée : 1,38 m (pêchée puis tenue)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Équipages engagés | 20 |
| Prises présentées | 0 (ou très peu) |
| Plus grande prise | 1,38 m |
Au‑delà de la malchance, les pêcheurs pointent des causes plus structurelles. Certains accusent la surpêche industrielle au large de l'Espagne, évoquant la zone de Gibraltar et la période de frai en juin comme moment clé où les gros spécimens seraient fauchés par la pêche intensive. Sur les pontons, ces diagnostics circulent sans surprise : si les gros thons et autres grands poissons déclinent à l'échelle régionale, les concours comme celui de Martigues en pâtissent directement.
« La vérité, c’est qu’il n’y en a plus ! Et c’est à cause des gros bateaux de pêche qui font un massacre du côté de Gibraltar… » — un pêcheur participant
Le tableau est complété par des mésaventures techniques : au moins un équipage a été handicapé par une panne moteur, transformant l'espérance de succès en simple retour au port. Les conséquences se font sentir : moral en berne, inquiétudes pour la pérennité d'une tradition locale et questionnements sur la gestion des stocks marins en Méditerranée.
La Semaine halieutique se poursuit, et les organisateurs comme les pêcheurs espèrent que les journées suivantes permettront de rectifier le tir. Pour l'heure, cette première manche interroge : à Martigues, la fête de la pêche a pris des airs de cri d'alarme. La ville et les acteurs de la filière devront regarder de près les causes de cette raréfaction si elles veulent préserver l'événement et la ressource qui en est le fondement.