Une carte blanche qui ramène Félix Ziem au cœur du musée
Le musée Ziem de Martigues propose, jusqu'au 15 novembre 2026, un accrochage qui redonne voix aux gestes préparatoires de Félix Ziem. Dans la salle du rez-de-chaussée où Ernest Pignon-Ernest tient la carte blanche, une sélection d'une cinquantaine de dessins, gravures et estampes — pour la plupart jamais ou rarement montrés — invite à suivre le peintre en train de voir plutôt qu'à l'admirer seulement comme maître achevé.
À travers ces feuilles, apparaissent les carnets de voyage d'un artiste né en 1821, lecteur des reflets et des ciels, qui découvre Martigues dès 1840 puis s'y installe durablement. Les pages exposées témoignent d'une pratique nomade : croquis de port au geste rapide, aquarelles aux notations presque « tachygraphiques » de la lumière et du vent, silhouettes esquissées comme des impressions de passage.
Dialogues entre époques et regards
Ernest Pignon-Ernest, en commissaire invité, compose un parcours où les études de Ziem répondent à d'autres traditions : l'École de Marseille, des paysages provençaux et des études plus nerveuses comme celles d'Émile Loubon. Le montage veut faire entendre que l'expérience du déplacement et de l'éphémère traverse plusieurs générations d'artistes.
« Rien n’y est figé, tout y est passage. »
Cette phrase, qui pourrait résumer l'accrochage, fait écho à l'idée d'une œuvre qui se construit en chemin. Le parti pris muséal sort ainsi du portrait statique pour montrer l'atelier en acte : dessins de carnets, feuilles d'atelier, et œuvres qui conservent encore la trace des voyages et des arrêts sur le motif.
- Lieu : musée Ziem, rez-de-chaussée.
- Temps fort : carte blanche d'Ernest Pignon-Ernest.
- Point d'intérêt : une sélection d'une cinquantaine de pièces rarement montrées.
| Élément | Information |
|---|---|
| Exposition | Feuilles et carnets de Félix Ziem |
| Période | Jusqu'au 15 novembre 2026 |
| Commissariat | Carte blanche : Ernest Pignon-Ernest |
Pour les Martégaux, l'exposition est aussi un rappel que Ziem n'est pas seulement un nom inscrit sur la façade d'un établissement culturel : il est à l'origine du musée, par un don inaugural en 1908, et une part importante de son atelier est encore conservée dans les collections. Voir ces feuilles, c'est mesurer l'origine locale d'une collection patrimoniale et la manière dont la ville a inspiré un artiste voyageur.
Le visiteur sortira du musée avec l'impression d'avoir assisté à une leçon de regard : comment capter un port, une lumière, un souffle de vent en quelques traits — et comment ce geste traverse le temps pour résonner aujourd'hui avec les œuvres contemporaines présentées en pendant par Pignon-Ernest.