Une boutique orange au cœur de la ville qui résiste mais s’essouffle
Au 20 rue Dominique-de-Gourgues, la façade orange de Betty Jane Rose attire toujours les mélomanes et les curieux. Depuis 2024, la boutique est tenue par Pauline Dauriac, qui a fait de sa passion pour le vinyle et les groupes locaux le cœur de son commerce. Mais l'année 2026 a pris des airs plus rudes : après un début d'année marqué par une baisse de fréquentation, les ventes ont fini par retomber et la trésorerie s'est fragilisée.
La propriétaire explique sans détour les tensions qui pèsent sur sa boutique : concurrence des grandes surfaces culturelles et des plateformes, marges comprimées, charges fixes (loyer, Urssaf) et coûts d'import en hausse pour les disques provenant des États-Unis et du Royaume-Uni.
« De toute façon, ce n’est pas un métier qu’on fait pour l’argent. »
Cette phrase, prononcée avec un sourire résigné, résume bien l'état d'esprit d'une commerçante qui privilégie la sélection et le service personnalisé à la course aux prix. Mais dans les faits, l'écart tarifaire reste un obstacle : "parfois cinq à six euros d’écart" entre un même disque chez Betty Jane Rose et chez un grand distributeur, peut faire pencher la balance du côté du prix pour une partie de la clientèle.
- Atout local : conseil, sélection pointue, liens avec la scène indépendante des Landes.
- Pression concurrentielle : prix plus bas chez les grands acteurs.
- Coûts croissants : hausse des frais d'envoi pour les imports et charges fixes élevées.
Les conséquences dépassent la simple fermeture éventuelle d'un commerce. Betty Jane Rose joue un rôle culturel — elle diffuse des artistes locaux, participe à la vie du centre-ville et attire une clientèle de connaisseurs qui fait vivre les cafés et commerces voisins. La disparition d'un tel lieu laisserait un vide difficile à combler dans l'écosystème montois.
| Élément | Situation évoquée |
|---|---|
| Adresse | 20 rue Dominique-de-Gourgues |
| Direction | Depuis 2024 : Pauline Dauriac |
| Écart de prix | Parfois 5 à 6 euros avec les grandes enseignes |
Face à ces difficultés, la boutique a lancé un appel à l'aide pour préserver son activité. Les solutions possibles sont souvent évoquées dans les conversations de commerçants : fidélisation par des événements (écoutes collectives, signatures, soirées locales), coopérations entre boutiques du centre-ville pour dynamiser l'offre, ou encore aides ciblées des collectivités pour les commerces culturels indépendants.
À Mont-de-Marsan, la question se pose pour d'autres petites enseignes confrontées au même dilemme : comment concilier passion, service de proximité et viabilité économique ? Pour l'heure, Betty Jane Rose reste un repère pour les amateurs de vinyles et un témoin vivant de la richesse culturelle locale. Reste à savoir si la solidarité des habitants et des acteurs publics suffira à lui offrir un avenir durable.