Un quotidien scolaire bousculé par des absences non comblées
Au groupe scolaire Jean-de-La-Fontaine, à Montagny-en-Vexin (Oise), la pénurie d’enseignants s’installe dans la durée. L’établissement, qui scolarise 120 élèves de la petite section au CM2, fonctionne depuis plusieurs mois avec des postes vacants ou des absences non remplacées. Selon les parents, deux à trois enseignants sur les cinq titulaires manquent régulièrement à l’appel, obligeant à des réorganisations d’urgence.
Le 15 juin, l’école a connu un pic de tension: 80 enfants ont été regroupés dans deux salles faute de professeurs disponibles, une configuration exceptionnelle qui a servi de déclencheur à la mobilisation parentale.
Un site en zone limite, une difficulté de remplacement accrue
La localisation de l’école, à la frontière du département et voisine de deux autres académies, est pointée comme un facteur aggravant pour l’envoi de remplaçants. Des parents expliquent que cette position périphérique décourage certains suppléants, déjà en nombre restreint à l’échelle du territoire. L’association des parents d’élèves s’est tournée vers les autorités académiques et nationales afin d’obtenir des solutions durables.
« On a écrit au ministère de l’Éducation nationale, au rectorat, à l’académie d’Amiens. C’est une situation très problématique qui dure maintenant depuis des semaines voire des mois. »
Au-delà de la logistique quotidienne, c’est la continuité pédagogique qui préoccupe. Les enseignants font état de retards chez certains élèves, ce qui alimente l’angoisse des familles à l’approche de l’entrée au collège pour les plus grands.
Des écarts qui se creusent entre élèves
Face aux heures d’enseignement manquantes, toutes les familles n’ont pas les mêmes leviers. Certains parents parviennent à organiser des solutions de soutien, quand d’autres n’en ont ni le temps ni les moyens. Cette hétérogénéité pèse sur l’équité entre élèves et accroît les différences de niveau dans les classes.
« Certains parents organisent des cours particuliers, mais ça accentue les inégalités de niveau dans une classe », constate Émilie Paul.
Pour les équipes éducatives comme pour les familles, l’enjeu est double: préserver les apprentissages fondamentaux et éviter l’épuisement d’enseignants qui, lorsqu’ils sont présents, doivent absorber des groupes plus chargés, dans des conditions parfois éloignées des repères habituels.
Ce que disent les chiffres-clés de l’école
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Élèves scolarisés | 120 |
| Postes/enseignants titulaires | 5 |
| Enseignants absents (variable) | 2 à 3 |
| Situation critique du 15 juin | 80 élèves dans 2 salles |
Mobilisation des parents et attentes vis-à-vis de l’institution
Les représentants de parents ont multiplié les démarches: courriers au ministère, au rectorat et à l’académie d’Amiens, pour alerter sur une situation qu’ils jugent devenue structurelle. Les demandes portent sur des remplacements plus rapides, une meilleure anticipation des absences et, à court terme, des appuis permettant d’éviter le regroupement de trop grands effectifs dans les mêmes salles.
- Assurer des remplacements effectifs et réguliers pour rétablir un cadre de classe stable.
- Garantir la continuité pédagogique afin de limiter les retards d’apprentissage.
- Prévenir l’aggravation des inégalités entre élèves qui n’ont pas tous accès à du soutien extérieur.
Sur le terrain, l’école et les familles tentent de préserver le fil des apprentissages, dans l’attente de réponses opérationnelles. Les semaines de fin d’année, traditionnellement consacrées aux évaluations et aux bilans, ont été perturbées, ce qui pourrait compliquer la préparation de la rentrée pour certains enfants.
Quelles conséquences locales si rien ne change ?
À court terme, la poursuite des absences risque de maintenir des regroupements de classes et des emplois du temps instables. À moyen terme, des retards accumulés pourraient peser sur les élèves en transition vers le secondaire. Enfin, la confiance des familles envers l’institution pourrait s’éroder si les difficultés perdurent au-delà de l’été.
À Montagny-en-Vexin, la communauté éducative espère des renforts concrets pour sécuriser la rentrée et redonner aux enfants un cadre d’apprentissage normal. Le signal envoyé par les parents, mobilisés depuis plusieurs semaines, traduit une attente claire: des solutions rapides et lisibles pour l’école de leurs enfants.