Des conditions jugées « non négociables »
Un haut responsable iranien a dressé samedi une série d'exigences à l'adresse des États‑Unis, conditionnant toute réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. Les déclarations du secrétaire du conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, interviennent alors que des discussions entre l'Iran et Oman avaient récemment laissé entrevoir une gestion conjointe du transit maritime.
« Tant que les Etats‑Unis ne changeront pas de comportement, le détroit d'Ormuz restera fermé »
La formule, rapportée par les médias iraniens, traduit un durcissement de la position de Téhéran et contraste avec les signaux d'apaisement observés après le protocole d'accord de juin, qui avait brièvement instauré un cessez‑le‑feu et permis une reprise limitée du trafic.
Une liste de revendications précises
Parmi les demandes énumérées par le responsable iranien figurent :
- la fin « définitive » de la guerre et de l'agression contre l'Iran et ses alliés ;
- la levée du blocus imposé aux ports iraniens ;
- la levée des sanctions américaines et la libération des avoirs gelés ;
- une « indemnisation intégrale » des dommages causés par le conflit déclenché le 28 février après l'offensive américano‑israélienne contre l'Iran.
Plusieurs de ces points figuraient déjà dans le protocole d'accord d'origine, ce qui montre que Téhéran réaffirme des exigences qui avaient partiellement permis la trêve de juin mais n'avaient pas été réglées de manière durable.
Conséquences immédiates et enjeux géopolitiques
La reprise des hostilités au début juillet, marquée par une relance des frappes américaines et des ripostes iraniennes via ses alliés régionaux, a rapidement annulé les avancées de juin. Depuis, l'Iran maintient un verrou sur le détroit et multiplie les contrôles voire les actions contre les navires qui s'y aventurent sans son accord. Cette situation accroît l'incertitude sur l'approvisionnement énergétique et pèse sur les marchés pétroliers, tout en complexifiant les efforts diplomatiques impliquant Oman, riverain du détroit et acteur conciliante dans les pourparlers.
| Point réclamé par l'Iran | Statut selon le protocole de juin |
|---|---|
| Fin de la guerre/cessez‑le‑feu | Présent mais fragile |
| Levée du blocus des ports | Évoquée |
| Levée des sanctions et restitution des avoirs | Demandée |
| Indemnisation des dommages | Demandée |
Sur le plan stratégique, l'Iran cherche à transformer son contrôle d'Ormuz en levier politique et économique, revendiquant non seulement la sécurité mais aussi une rémunération pour tout transit. Washington, pour sa part, s'est montré jusqu'ici catégoriquement opposé à l'idée d'un « péage » imposé par Téhéran, ce qui laisse peu de marge de manœuvre pour un compromis rapide.
Vers une impasse ou un nouvel arc de négociations ?
Oman affirme que les discussions « se déroulent dans une atmosphère positive et constructive », sans nommer l'Iran dans ses communiqués. La diplomatie omanaise pourrait jouer un rôle de médiation, mais la portée des revendications iraniennes — incluant des demandes économiques et politiques majeures vis‑à‑vis des États‑Unis — suggère que tout déblocage durable nécessiterait des concessions substantielles et une feuille de route plus large pour la résolution du conflit.
À court terme, la fermeture effective ou partielle du détroit d'Ormuz pourrait continuer d'alimenter une volatilité significative sur les cours de l'énergie et de renforcer les tensions entre grandes puissances engagées dans la région.