Contrôle routier banal, découverte bien plus lourde
Un simple contrôle a fait basculer l’affaire. Le 10 mai, un automobiliste est arrêté en Béarn après avoir été aperçu téléphone en main. L’homme, un Mourenxois de 32 ans, reconnaît aussitôt conduire sans permis. La suite précise la gravité des faits : des pochons de cocaïne sont trouvés dans le véhicule, puis d’autres lors d’une perquisition à son domicile.
Devant le tribunal correctionnel de Pau, où il a comparu en renvoi de comparution immédiate le lundi 27 juin, l’intéressé a livré des éléments sur son activité au sein d’un trafic de stupéfiants. À l’audience, son attitude réservée a contrasté avec l’image saisie d’une photo le montrant au volant, un pistolet posé sur les genoux.
Substances et arme : les saisies
Le ministère public a rappelé la quantité de drogue mise au jour à l’issue des opérations menées par les forces de l’ordre. Une arme de catégorie B a également été retrouvée au domicile du prévenu.
« 110 grammes au total, soit une quantité substantielle et un trafic qui s’est inscrit dans la durée », a relevé le procureur.
| Éléments saisis | Constatations |
|---|---|
| Cocaïne | 110 grammes environ, répartis en pochons |
| Arme | Pistolet, catégorie B, découvert au domicile |
Un rouage du réseau, décrit comme « livreur »
Devant les juges, le trentenaire a décrit un rôle de livreur au sein de l’organisation. Son activité, qualifiée de « secondaire » mais essentielle au fonctionnement du trafic, consistait à effectuer des tournées rémunérées. Son avocat, Me Thierry Sagardoytho, a insisté sur la vulnérabilité de son client.
« C’est un livreur, un fusible », a plaidé Me Sagardoytho, évoquant « un jeune homme à la dérive ».
Le prévenu a mentionné des journées payées 150 euros et un revenu mensuel avoisinant 2 800 euros, ainsi que des échanges avec des interlocuteurs identifiés par des pseudonymes. Le procureur a par ailleurs noté que le pistolet en cause n’avait pas, selon les éléments du dossier, de forte « valeur sentimentale ».
Chronologie des faits reprochés
- 10 mai – Contrôle routier : conducteur vu téléphone en main ; reconnaissance de la conduite sans permis.
- Découverte de cocaïne dans l’habitacle, puis perquisition au domicile : saisie d’environ 110 g et d’une arme de catégorie B.
- 27 juin – Audience au tribunal correctionnel de Pau : le trentenaire détaille son rôle de livreur dans le trafic.
Le jugement : deux ans, dont un ferme
À l’issue de l’audience, le tribunal correctionnel de Pau a condamné le Mourenxois à deux ans de prison, dont un an ferme. L’affaire illustre la manière dont une infraction routière peut révéler des faits d’une toute autre ampleur, mêlant stupéfiants et détention d’arme. La décision prend en compte la pluralité des infractions constatées en quelques heures, ainsi que le rôle logistique joué par le prévenu dans la chaîne d’approvisionnement.
Enjeux locaux et rappel de la présomption d’innocence
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de lutte continue contre les trafics qui traversent les axes du Béarn et du Bassin de Lacq. Les auditions ont fait apparaître des risques physiques liés à ces tournées, le prévenu étant parfois revenu marqué de ses déplacements, selon les éléments évoqués à l’audience. Pour autant, aucune information supplémentaire n’a été communiquée sur d’éventuelles poursuites visant d’autres protagonistes présumés du réseau.
Le jugement, intervenu après débat contradictoire, ne préjuge pas d’éventuelles voies de recours. Par ailleurs, les personnes citées dans cette procédure bénéficient, le cas échéant, de la présomption d’innocence tant qu’aucune condamnation définitive n’est prononcée à leur encontre.