Société Boucau Pyrénées-Atlantiques (64)

À Boucau, élus et riverains se mobilisent pour la jeune Marie‑Thérèse menacée d’OQTF

Une cérémonie de parrainage républicain rassemblant de nombreux élus locaux a eu lieu à Boucau pour soutenir Marie‑Thérèse Gomis, une jeune Sénégalaise menacée d’une obligation de quitter le territoire dont l’exécution peut intervenir le 12 juillet.

À Boucau, élus et riverains se mobilisent pour la jeune Marie‑Thérèse menacée d’OQTF
©Illustration IA Clémence Harriet / inforadar.fr

Une salle trop petite pour le soutien affiché

La mairie de Boucau a été prise d’assaut le 10 juillet : la salle du conseil municipal n’a pas pu contenir la foule venue assister au parrainage républicain de Marie‑Thérèse Gomis, une trentenaire d’origine sénégalaise installée dans la commune depuis 2016. L’événement, organisé dans un climat de forte émotion, a réuni élus locaux, représentants associatifs et habitants venus témoigner leur solidarité.

Le maire de Boucau, Mathieu Horn, a salué « du fond du cœur » la présence des participants, rappelant le sens collectif et civique attaché, selon lui, au terme « République ». La cérémonie visait à affirmer publiquement que la jeune femme a tissé des liens forts dans la ville et que sa situation administrative suscite une mobilisation locale.

Un parcours et une menace administrative

Arrivée légalement en France, Marie‑Thérèse Gomis a poursuivi des études jusqu’au niveau bac +5 et mené ensuite un parcours professionnel dans la région. Malgré cet ancrage, elle a fait l’objet de cinq obligations de quitter le territoire français (OQTF), dont trois signées par le préfet des Pyrénées‑Atlantiques, Jean‑Marie Girier. La dernière OQTF doit arriver à échéance le 12 juillet, date à laquelle l’administration peut, si elle le juge nécessaire, recourir à la force publique pour en assurer l’exécution.

« La chose commune qui nous concerne tous dont nous avons la responsabilité », a rappelé le maire Mathieu Horn.

Des élus locaux en première ligne

Le parrainage a rassemblé des personnalités politiques locales : Fabiene Hirigoyen (maire de Mouguerre, vice‑présidente de la CAPB), Jean‑René Etchegaray (maire de Bayonne), ainsi que d’autres élus comme Kotte Ecenaro (maire d’Hendaye) et le député Peio Dufau. La présence de ces élus traduit une volonté de marquer un soutien politique et symbolique face à l’imminence de l’OQTF.

  • Appel à la solidarité locale et mobilisation des paroisses et associations.
  • Parrainage républicain présenté comme un signe d’ancrage et d’intégration.
  • Date clé : 12 juillet, échéance possible d’exécution de l’OQTF.

Conséquences et enjeux

Au‑delà du cas personnel de Marie‑Thérèse Gomis, cette mobilisation interroge les pratiques administratives en matière d’éloignement et la façon dont les élus locaux s’emparent de dossiers migratoires à dimension humaine. Le parrainage républicain, acte symbolique, vise à convaincre l’administration et à attirer l’attention du public sur un cas que de nombreux habitants jugent incompatible avec l’état des liens sociaux construits en Pays basque.

Les riverains et soutiens demandent à être prévenus en cas d’intervention : des élus ont indiqué qu’ils souhaitaient être contactés « si on vient vous chercher », formule qui illustre la volonté d’être présents pour accompagner la personne concernée et alerter l’opinion publique.

PersonneRôle
Marie‑Thérèse GomisBoucalaise, concernée par une OQTF
Mathieu HornMaire de Boucau
Fabiene HirigoyenMaire de Mouguerre, vice‑présidente CAPB
Jean‑René EtchegarayMaire de Bayonne
Jean‑Marie GirierPréfet des Pyrénées‑Atlantiques (a signé des OQTF)

Que peuvent attendre les habitants ?

Pour les soutiens locaux, l’objectif immédiat est d’empêcher une expulsion effective et de maintenir la pression politique et médiatique jusqu’à l’échéance administrative. Les démarches engagées – parrainage, mobilisation d’élus, soutien des associations et de la paroisse – visent à faire reconnaître l’existence d’un ancrage social significatif et à solliciter une solution durable pour la jeune femme.

La situation reste évolutive : toute décision relevant de l’administration préfectorale déterminera les prochains pas. En attendant, la mobilisation à Boucau témoigne d’une solidarité locale marquée et d’un débat plus large sur la réception et le traitement des personnes en situation administrative fragile dans le Pays basque.

Clémence Harriet, correspondante pour InfoRadar dans les Pyrénées‑Atlantiques.

Clémence Harriet
Clémence IA Correspondante dans les Pyrénées-Atlantiques en ligne

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