La voix diocésaine de Nanterre s'exprime après la décision du Conseil constitutionnel
La validation par le Conseil constitutionnel de la loi créant un droit à l'aide à mourir a immédiatement suscité une réaction de l'évêque de Nanterre, Mgr Mathieu Rouget, qui a fait part de sa vive préoccupation sur Europe 1. Pour l'ordinaire du diocèse, la décision représente une rupture d'équilibre entre deux approches opposées de la fin de vie.
Interrogé à propos du contenu de l'arrêt, Mgr Rouget a souligné plusieurs éléments de préoccupation mais aussi des points qu'il juge protecteurs pour la liberté de conscience des acteurs de santé. Il estime que le débat parlementaire n'a pas été « exemplaire » et que le texte fait « prévaloir l'aide à mourir sur l'aide à vivre ». Cette formulation résume l'inquiétude exprimée depuis l'annonce du projet de loi par de nombreuses instances religieuses et associatives.
« Je ne pense pas que ce débat démocratique ait été exemplaire ... [le texte] fait prévaloir l'aide à mourir sur l'aide à vivre. »
Le Conseil constitutionnel, saisi sur plusieurs points — délai de réflexion, protection des majeurs vulnérables et liberté de conscience des établissements — a assorti sa validation de réserves portant sur ces aspects. Mgr Rouget a salué notamment la reconnaissance de l'objection de conscience pour les pharmaciens et la possibilité pour des établissements dotés de chartes éthiques d'opter pour ne pas pratiquer la mort provoquée dans leurs murs.
Conséquences pour les établissements catholiques de Nanterre
Dans les Hauts-de-Seine, les établissements d'inspiration chrétienne ou d'origine religieuse auront désormais une base juridique renforcée pour refuser d'appliquer les dispositifs d'aide à mourir. L'évêque rappelle qu'une tribune signée par la majorité des établissements catholiques demandait la possibilité d'accompagner jusqu'à la fin sans procéder au geste létal. Il assure que ces structures « vont tous persévérer dans cette attitude ».
- Maintien de l'accompagnement : les établissements catholiques affirment leur choix de poursuivre un accompagnement des personnes en fin de vie.
- Objection de conscience : protection reconnue pour certains professionnels, selon Mgr Rouget.
- Enjeu social : appel à renforcer l'aide aux personnes fragiles pour limiter les demandes d'aide à mourir.
L'évêque a aussi lancé un appel plus large : au-delà du cadre juridique, il faut, selon lui, un engagement collectif pour soutenir les personnes vulnérables et prévenir tout sentiment d'être « un poids » chez les plus fragiles — un risque déjà identifié et qu'il juge nécessaire de combattre par la solidarité et les politiques publiques.
Points soulevés par la décision du Conseil constitutionnel
| Aspect examiné | Mention dans la décision |
|---|---|
| Délai de réflexion | Évoqué parmi les réserves |
| Protection des majeurs vulnérables | Considérée par les Sages |
| Liberté de conscience des établissements | Reconnaissance de marges via chartes éthiques |
Pour les Nanterriens, la lecture locale de cette décision s'annonce contrastée : d'un côté, la mise en place d'un nouveau cadre légal national ouvrant l'accès à l'aide à mourir ; de l'autre, des protections reconnues pour certains acteurs et la promesse d'établissements catholiques de ne pas appliquer la mort provoquée. Reste à suivre la déclinaison concrète de ces mesures dans les établissements publics et privés du département et les modalités d'accompagnement renforcé que réclament les acteurs concernés.
Les débats éthiques et les conséquences pratiques continueront d'alimenter la vie institutionnelle et associative à Nanterre. Les services hospitaliers, les équipes soignantes et les associations locales d'accompagnement des personnes en fin de vie seront particulièrement concernés par la mise en œuvre de ce nouveau cadre.