La réintroduction de deux néonicotinoïdes inquiète les défenseurs de l'environnement
La Société alpine de protection de la nature (SAPN) a pris position après un vote sénatorial qui pourrait rouvrir la porte à l'usage de deux pesticides jusqu'ici interdits. Le 29 juin, les sénateurs ont validé l'article 2 quater de la « loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles », permettant la remise sur le marché de l'acétamipride et du flupyradifurone.
Pour la SAPN, association active dans les Hautes‑Alpes, cette décision est un recul. Elle évoque des conséquences lourdes pour la biodiversité alpine, l'agriculture locale et la santé des habitants. Les néonicotinoïdes sont régulièrement pointés du doigt pour leur rôle dans le déclin des pollinisateurs ; à l'échelle nationale, la contestation a déjà pris la forme d'une pétition ayant recueilli plus de 2,1 millions de signatures l'an dernier.
“Les Hautes‑Alpes se mobilisent contre le retour des néonicotinoïdes”, affirme la SAPN.
Le texte, qui a franchi l'étape sénatoriale, doit désormais être examiné par l'Assemblée nationale dans les jours qui viennent. Les opposants dénoncent une loi qui, selon eux, « tourne le dos à l'intérêt général » et risque d'aggraver les atteintes à l'environnement tout en fragilisant l'agriculture paysanne.
Actions locales et calendrier
Concrètement, la SAPN appelle à des mobilisations dans plusieurs départements. Dans les Hautes‑Alpes, un rassemblement est programmé le 18 juillet à 17 heures sur la place Alsace‑Lorraine à Gap. Les organisateurs espèrent sensibiliser élus, agriculteurs et citadins à l'urgence d'interdire ces substances, qui menacent abeilles et autres pollinisateurs essentiels aux cultures.
- Qui : SAPN et soutiens locaux
- Quoi : rassemblement contre la réintroduction des néonicotinoïdes
- Quand : 18 juillet, 17h
- Où : place Alsace‑Lorraine, Gap
Enjeux pour les Hautes‑Alpes
Dans un département où l'apiculture, l'agriculture de montagne et la richesse floristique sont des atouts, la question des pesticides prend un relief particulier. Les opposants soulignent que l'usage de ces molécules mettrait en péril des équilibres déjà fragiles : réduction des populations d'abeilles sauvages, risques pour les pollinisateurs domestiques, et impacts indirects sur la production fruitière et les prairies d'altitude.
Les élus locaux présents au Parlement, dont le sénateur des Hautes‑Alpes cité dans le débat, ont participé au vote au Sénat. La discussion se poursuivra à l'Assemblée nationale, où la trajectoire finale de la loi sera déterminée. D'ici là, la mobilisation citoyenne vise à faire pression pour maintenir l'interdiction de ces substances.
Pour les habitants du département, plusieurs pistes de réaction sont possibles : participer au rassemblement, contacter ses élus ou soutenir des initiatives de protection des pollinisateurs. Dans les montagnes, où chaque fleur compte pour l'économie et l'écosystème, le débat ne relève pas que de la métropole : il concerne la survie d'un modèle agricole plus résilient et respectueux des cycles naturels.