Des protections solaires dont l'efficacité et la composition inquiètent
Une association de défense des consommateurs a publié mercredi des analyses remettant en cause la qualité de crèmes solaires proposées par plusieurs plateformes en ligne. Les résultats pointent des manquements importants tant sur la protection contre les rayons UV que sur la composition chimique de ces produits, vendus à bas prix sur Temu, Shein et AliExpress.
Sur les dix produits soumis aux analyses, l'association conclut que neuf sont « non conformes » et que la plupart ne délivrent pas la protection affichée. Face à ces constatations, elle annonce qu'elle saisira l'Arcom et signalera les dossiers à la DGCCRF, les autorités compétentes en matière de régulation du numérique et de protection des consommateurs.
« Les conclusions sont alarmantes : sur les dix produits testés, neuf ne sont pas conformes et la majorité n'assure tout simplement pas la protection solaire promise »
Une combinaison de risques : indices erronés et substances interdites
Le bilan de l'étude détaille plusieurs niveaux de non-conformité. Trois références ont été retirées immédiatement car elles comportaient un ingrédient désormais interdit dans l'Union européenne depuis le 1er mai 2026. Parmi les sept autres, six n'atteignent pas l'indice de protection annoncé et quatre ne bloquent pratiquement pas les UV, le laboratoire parlant d'indices mesurés « dérisoires » (équivalant à 2, voire moins).
- 10 produits testés au total
- 3 éliminés pour la présence d'un ingrédient interdit
- 6 des 7 restants n'atteignent pas l'indice promis
- 4 ne bloquent pas les rayons UV
- 1 seul produit tient les promesses de protection, mais contient un composé suspecté d'agir sur les œstrogènes et la thyroïde
Conséquences pour les consommateurs et suites envisagées
Ces résultats soulèvent deux types de risques. D'une part, l'absence ou l'insuffisance de protection expose les utilisateurs à un surcroît d'irradiation solaire, avec les conséquences bien connues à moyen et long terme (coupures de soleil, photo‑vieillissement, risque accru de cancers cutanés). D'autre part, la présence d'un filtre interdit et d'une substance aux propriétés de perturbation endocrinienne pose une question de sécurité chimique.
Selon l'association, les plateformes ont été informées et auraient retiré les références incriminées. L'organisation estime toutefois qu'elles ne maîtrisent pas la conformité des produits qu'elles mettent en vente, ce qui motive les signalements aux autorités françaises afin d'obtenir des contrôles et d'éventuelles mesures administratives.
Ce que peuvent faire les consommateurs
En attendant d'éventuelles décisions réglementaires, il est recommandé :
- de privilégier des produits labellisés et distribués par des circuits de distribution connus ;
- de vérifier la liste d'ingrédients et d'éviter les offres vendues à des prix très bas sans traçabilité ;
- d'utiliser des protections complémentaires (vêtements, chapeaux, ombre) en cas de doute sur l'efficacité de la crème.
| Éléments testés | Résultats |
|---|---|
| Produits analysés | 10 |
| Non conformes | 9 |
| Éliminés pour ingrédients interdits | 3 |
| Produits réellement protecteurs | 1 (mais contenant un ingrédient préoccupant) |
Les autorités citées par l'association disposent désormais des éléments pour déclencher des contrôles plus poussés. Pour limiter les risques individuels, il convient d'exercer une vigilance accrue lors d'achats en ligne, surtout pour des produits de santé et de protection solaire.