Nouvel acte dans l'enquête sur l'incendie des Moulins
Un homme de 26 ans a été extrait mardi de la maison d'arrêt de Nancy et mis en examen dans le dossier de l'incendie criminel qui a endeuillé le quartier des Moulins de Nice dans la nuit du 17 au 18 juillet 2024. Considéré par les enquêteurs comme l'organisateur du commando ayant provoqué le feu, il est désormais le septième suspect officiellement mis en examen dans ce dossier.
Selon le parquet, cet homme, déjà condamné à plusieurs reprises pour des faits de trafic de stupéfiants et détenu dans deux informations judiciaires pour meurtre en bande organisée, est suspecté d'avoir recruté trois personnes pour le compte du commanditaire de l'attaque. Il conteste toutefois « formellement » avoir joué un rôle dans l'organisation de l'attaque, précise le parquet.
- Lieu : quartier des Moulins, Nice.
- Date de l'attaque : nuit du 17 au 18 juillet 2024.
- Victimes : sept résidents et un homme décédé en sautant par la fenêtre — tous membres d'une même famille étrangère au trafic.
| Date | Événement | Informations clefs |
|---|---|---|
| 17-18 juillet 2024 | Incendie criminel | Propagation depuis les escaliers jusqu'au 7e étage |
| 2024-2026 | Enquête et interpellations | Six autres mises en examen avant celle-ci |
Dans la nuit de l'attaque, trois hommes ont mis le feu dans les escaliers des étages inférieurs. L'incendie a gagné un appartement situé au 7e étage. Les victimes sont : trois enfants de 5, 7 et 10 ans, un adolescent de 17 ans, deux femmes de 22 et 46 ans ; un homme de 45 ans est mort en sautant par la fenêtre. Le parquet souligne que tous étaient membres d'une famille comorienne étrangère au trafic de stupéfiants.
Le parquet indique que le mis en examen « conteste formellement » avoir joué un rôle dans l’organisation de l'attaque.
Outre les trois incendiaires présumés, identifiés comme âgés de 17 à 21 ans, deux d'entre eux ont été interpellés. Trois personnes ont été arrêtées pour leur rôle dans l'organisation ou la logistique. Le troisième incendiaire présumé se trouve en Algérie et, conformément aux accords entre les deux pays, il n'a pas été extradé en raison de sa nationalité algérienne. De même, le commanditaire présumé, âgé de 28 ans et né au Sénégal, déjà condamné pour des trafics, a quitté la France après les faits et avait été arrêté à l'étranger.
Conséquences locales et enjeux
Cette nouvelle mise en examen relance les questions liées à la sécurité et à la lutte contre les réseaux de stupéfiants dans le quartier des Moulins, longtemps décrit comme un épicentre du narcotrafic à Nice. L'affaire, qui a provoqué une forte émotion locale et nationale, illustre la radicalité des violences liées aux conflits entre groupes criminels et le risque pour des populations civiles totalement étrangères à ces trafics.
Sur le plan judiciaire, la complexité des pistes — déplacements internationaux de suspects, enrôlement présumé de jeunes auteurs et implication supposée d'organisateurs — laisse présager une instruction longue. Les familles des victimes attendent désormais des réponses sur les responsabilités et sur les conditions ayant permis qu'une attaque de cette ampleur soit commise en plein centre urbain.
La mise en examen de ce nouvel élément marque un tournant dans l'instruction mais n'achève pas l'enquête : d'autres auditions et expertises sont à prévoir afin d'établir la chaîne des responsabilités et préparer, le cas échéant, des procès pour ces faits d'une exceptionnelle gravité.