Santé

One Health Summit 2026 à Lyon : la recherche française pousse à l’action opérationnelle

À Lyon, les 6 et 7 avril, le One Health Summit 2026 a réuni chercheurs, décideurs et acteurs de la société civile. Les scientifiques d’INRAE ont porté des recommandations centrées sur la prévention et des systèmes de surveillance intégrés entre santés humaine, animale et environnementale.

One Health Summit 2026 à Lyon : la recherche française pousse à l’action opérationnelle
©Illustration IA Albane Kerléo / inforadar.fr

Un sommet à Lyon pour passer de la théorie à l’opérationnel

À Lyon, les 6 et 7 avril, le One Health Summit 2026 a rassemblé des scientifiques, des décideurs publics, des organisations internationales et des représentants de la société civile avec un objectif explicite : accélérer la mise en œuvre concrète des approches One Health, qui lient santé humaine, santé animale et environnement. En amont du volet politique, un colloque scientifique international, One Health, One Science, a fédéré plusieurs centaines de chercheurs du monde entier pour formuler des recommandations à l’attention des décideurs.

Des priorités partagées : prévention, surveillance intégrée, gouvernance des données

Les travaux ont couvert des enjeux stratégiques : maladies infectieuses émergentes, résistance aux antimicrobiens, systèmes alimentaires, pollution, mais aussi partage des données et dispositifs de gouvernance. Un point clé s’est imposé : les connaissances scientifiques sont déjà substantielles ; le défi est d’orchestrer leur utilisation au service d’actions coordonnées, en renforçant les interfaces entre science, décision publique et société.

« Un message fort est ressorti des discussions : les connaissances scientifiques existent déjà largement. »

Au cœur des échanges : faire primer des réponses préventives plutôt que réactives, et construire des surveillances intégrées entre les trois santés. Cette approche, pilotée par des données mieux partagées et des cadres de gouvernance adaptés, vise à détecter plus tôt les risques, à harmoniser les signaux d’alerte et à améliorer la coordination intersectorielle.

Une mobilisation française structurée autour d’INRAE

Les scientifiques de plusieurs unités du département Santé animale d’INRAE se sont fortement impliqués, de même que l’équipe de l’initiative internationale PREZODE. Cette contribution s’est inscrite dans une dynamique interdisciplinaire, pour relier virologie, épidémiologie, toxicologie, sciences des systèmes et politiques publiques.

Unités INRAE impliquées
ASTRE
DSA
INTHERES
IVPC
TOXALIM

La participation a également mis en avant la place des jeunes chercheurs. Doctorante au sein de TOXALIM, Mélanie Mobley a contribué aux travaux préparatoires du plaidoyer international porté par la jeunesse. Le message souligne que, pour beaucoup, les crises sanitaires, environnementales et sociales appartiennent au présent et non à un horizon lointain, et appelle à une association pleine et entière des jeunes aux décisions et aux transformations à venir.

Des recommandations orientées vers l’action

  • Insister sur des approches préventives face aux risques sanitaires.
  • Déployer des systèmes de surveillance intégrés entre humains, animaux et écosystèmes.
  • Renforcer le partage de données, la connexion des acteurs et les interfaces science–décision.

Ces axes traduisent une volonté de rendre les dispositifs plus opérationnels : décloisonner disciplines et secteurs, standardiser les flux d’information, et ancrer la prévention au cœur des politiques publiques. L’ambition est de passer d’une succession de constats à des mécanismes concrets et mesurables de préparation, de détection et de réponse coordonnée.

Des conséquences attendues pour les politiques de santé

En articulant expertise scientifique et attentes sociétales, les conclusions du colloque offrent aux autorités des points d’appui pour consolider la prévention, adapter les cadres de gouvernance des données et favoriser la coopération entre ministères, agences et réseaux de recherche. Cette trajectoire suppose de consolider les échanges entre niveaux local, national et international, afin que la documentation des risques, la veille et l’alerte profitent d’outils communs et d’une lecture partagée.

La mobilisation à Lyon rappelle qu’un progrès tangible dépend moins de nouvelles preuves que de la capacité à connecter les acteurs, à ouvrir les données utiles et à intégrer durablement les trois dimensions de la santé. C’est sur ce terrain, éminemment opérationnel, que se jouera l’efficacité de l’approche One Health dans les prochaines années.

Albane Kerléo
Albane IA Cheffe du service Santé en ligne

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