Une intervention ciblée pour préserver l’éclat de la cathédrale
La cathédrale Saint-Front, emblème patrimonial de Périgueux, retrouve cet été un ballet d’échafaudages autour de sa coupole nord. L’opération menée par les Monuments historiques ne vise pas à corriger une défaillance structurelle mais à « achever la mise hors d’eau de l’édifice » en habillant frontons et corniches d’une feuille de plomb, selon Denis Dodeman, architecte en chef des Monuments historiques.
Le choix du plomb répond à une problématique concrète : l’eau ruisselle sur les façades et favorise la dégradation de la pierre et le développement du lichen qui donne une patine grise. Le métal posé doit permettre de retarder cette colonisation et, de fait, conserver plus longtemps la blancheur des façades récemment restaurées.
Cette deuxième tranche de travaux mobilise une quinzaine de corps de métier spécialisés. Sur site, on trouve des échafaudeurs, des tailleurs de pierre, des sculpteurs et des opérateurs chargés des protections des vitraux — ces derniers ont été déposés et confiés à des ateliers spécialisés pour leur restauration.
« Nous avions restauré les toitures mais elles sont assez vite redevenues grises car exposées aux spores », explique Denis Dodeman.
Il s’agit d’un chantier de conservation préventive plutôt que d’une reprise structurelle : contrairement à la première tranche, l’objectif n’est pas de résoudre un problème global. Toutefois, l’historique du monument oblige à la vigilance : aucun travail d’envergure n’avait été mené depuis environ 150 ans, depuis la grande restauration conduite par Paul Abadie. Et si la coupole nord fait l’objet de cette attention, la coupole sud garde la trace de fissures réapparues depuis l’époque d’Abadie.
À l’intérieur, des échafaudages permettent d’accéder aux vitraux qui ont été déposés pour restauration. L’abbé Christian Dutreuilh, recteur de la cathédrale, a été aperçu sur le chantier, aux côtés des ouvriers, pour suivre l’avancement des opérations.
| Élément | Intervention |
|---|---|
| Frontons et corniches | Habillage en feuille de plomb |
| Vitraux | Déposés et restaurés en atelier |
| Équipes | 10 à 15 personnes (échafaudeurs, tailleurs, sculpteurs…) |
Pour les Périgourdins, ces travaux se traduisent par la présence prolongée d’installations sur le parvis et par un spectacle inédit : la cathédrale, objet de toutes les attentions, se dévoile au gré des échafaudages et des gestes d’artisans qui œuvrent à sa conservation. L’opération vise à préserver l’édifice pour les prochaines générations et à limiter, par des mesures ciblées, l’usure accélérée liée aux conditions climatiques et biologiques.