Un appel répété, une urgence inchangée
Dans un communiqué rendu public le 27 juin 2026, le Comité départemental olympique et sportif (CDOS) du Gers relance une alerte adressée aux pouvoirs publics : le département reste gravement sous-équipé en infrastructures aquatiques. Après plus de dix ans d’interpellations, le constat s’est figé. Le manque de piscines couvertes et de bassins adaptés fragilise tout un pan de la vie locale, du milieu scolaire à la pratique sportive, jusqu’aux enjeux de sécurité en période estivale.
« le Gers demeure l'un des départements les plus mal dotés de France en piscines couvertes ou de bassins nordiques »
Le CDOS rappelle que cette situation, déjà ancienne, s’inscrit à rebours des priorités nationales. Elle nuit autant aux élèves qu’aux clubs et aux habitants qui, l’été venu, se tournent vers les points d’eau sans toujours disposer des acquis indispensables pour se mettre à l’abri du risque de noyade.
Apprendre à nager : un droit, pas un privilège
L’apprentissage de la natation figure parmi les attentes posées par l’Éducation nationale : à la fin de la 6e, chaque collégien est censé maîtriser des compétences fondamentales en milieu aquatique. Sur le terrain, le CDOS décrit un écart tenace entre l’objectif et la réalité. Faute d’équipements suffisants et accessibles, trop d’élèves ne cumulent pas le volume de séances nécessaire. Pour certaines écoles des campagnes gersoises, lointaines des bassins, l’équation se complique : trajets longs, coûts de déplacement, manque de créneaux en période scolaire.
Ce déficit fabrique une inégalité bien identifiée : les élèves de la ruralité ne partent pas avec les mêmes chances que ceux des agglomérations mieux dotées. Cette fracture, que le CDOS qualifie d’inacceptable, ne se limite pas au volet éducatif. Elle se prolonge dans la vie des familles et dans la pratique associative, où les calendriers se tendent et les inscriptions se heurtent aux contraintes d’accès à l’eau.
La sécurité au cœur des préoccupations estivales
Chaque été rappelle la dure réalité des noyades, parmi les causes majeures de mortalité accidentelle chez les plus jeunes. Le CDOS souligne le paradoxe : les épisodes de canicule, de plus en plus fréquents, augmentent l’attrait pour la baignade, mais les savoirs de base n’évoluent pas au même rythme dans les territoires ruraux. Le message est direct : le lieu d’habitation ne doit pas influer sur la capacité d’un enfant à se sauver en cas de chute à l’eau ou de difficulté en baignade.
À l’échelle du Gers, cet angle de sécurité publique devient structurant. Il appelle à repenser la carte des bassins, mais aussi l’organisation des créneaux, la liaison avec les établissements scolaires et la planification des temps d’apprentissage sur l’année.
Un plan national pour sortir de l’impasse
Face à l’impasse financière des territoires peu denses, le CDOS plaide pour un plan national intégrant à la fois la rénovation du parc existant et la construction de nouveaux équipements publics. Selon l’organisation, les collectivités rurales ne peuvent plus porter seules des investissements lourds, nécessitant des enveloppes pluriannuelles et une ingénierie de projet soutenue.
- Objectif éducatif: garantir un volume de séances suffisant pour atteindre le niveau attendu en fin de collège.
- Objectif sportif: permettre la continuité des activités des clubs et l’accès à la pratique pour tous les âges.
- Objectif de sécurité: réduire l’exposition au risque de noyade lors des étés chauds et des loisirs aquatiques.
Au-delà des murs et des bassins, la question touche à l’égalité républicaine. Accéder à une piscine couverte à une distance raisonnable, en toute saison, conditionne l’apprentissage et l’autonomie dans l’eau. Le CDOS du Gers situe cette demande dans le temps long : stabiliser des équipements opérationnels, économes en énergie et compatibles avec les usages scolaires, clubs et grand public.
Ruralité et accès à l’eau: l’enjeu gersois
Le département se heurte à ses spécificités géographiques : des communes étalées, des trajets qui allongent les demi-journées d’apprentissage, des coûts de transport qui pèsent sur les budgets scolaires et associatifs. Sans programmation concertée, les créneaux s’étiolent et les progrès des enfants s’étalent sur trop d’années. La demande formulée par le CDOS vise donc un cadre d’action où l’État, les collectivités et le mouvement sportif puissent aligner une stratégie d’équipement au bénéfice de l’ensemble des habitants.
Il s’agit d’assurer un socle commun, partout, et d’en finir avec une réalité bien connue des familles : remettre à plus tard des cours indispensables faute de place, de créneaux ou de bassin à proximité. Dans un département où la douceur de vivre rime souvent avec plein air, l’accès à l’eau ne peut plus dépendre de la seule débrouille locale. La balle est désormais dans le camp des décideurs nationaux et régionaux, à qui il revient de donner un cap et des moyens.