Un lieu d'accueil du CHU qui innove pour la reconstruction
Implantée sur le site du CHU de Poitiers, la Maison de Freyja a lancé en décembre 2025 un atelier de karaté adapté à destination de certaines femmes prises en charge après des violences. Le dispositif, encore modeste en effectifs mais riche de sens, mêle techniques corporelles et accompagnement psychologique pour aider les participantes à se réapproprier leur corps.
Ce matin de juillet 2026, elles sont cinq à suivre la séance. Pieds nus, kimonos serrés, les participantes se distinguent par la décoration de leurs ceintures : signes visibles d’un parcours et d’un travail progressif. Après l'effort, un moment convivial autour d’un goûter permet d'échanger et de prolonger la séance sur le plan relationnel.
Des exercices ciblés, parfois difficiles
Les séances durent une heure et demie et abordent des gestes simples du karaté — tsuki (coup de poing), positions, respirations — mais aussi des exercices de renforcement du périnée, qui restent « encore extrêmement compliqués » pour certaines, indique le compte rendu des ateliers. Pour des femmes ayant subi des violences prolongées, le contact physique, même maîtrisé, peut réveiller des réactions intenses.
« Un jour, j’ai senti que j’étais forte, alors que je ne le savais plus »
Sandrine (1), qui a participé au cycle et vit sa dernière séance, confie que le karaté l’a aidée à « retrouver qui je suis » après neuf ans de violences. Cette parole illustre l'impact psychique et symbolique de la méthode : au-delà de l'apprentissage technique, il s'agit de restaurer une dignité et une confiance en son corps.
Pourquoi ce choix thérapeutique ?
Le karaté adapté mobilise plusieurs leviers complémentaires :
- la mise en mouvement — reprendre contact progressif avec son corps ;
- le contrôle et les limites — apprendre à poser un geste maîtrisé ;
- la communauté — créer un cadre sécurisant et solidaire entre participantes.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Début des ateliers | décembre 2025 |
| Lieu | Maison de Freyja, site du CHU de Poitiers |
| Durée d'une séance | 1 h 30 |
| Participants observés | 5 (juillet 2026) |
Ce type d'approche n'efface pas la douleur ni ne prétend remplacer un suivi médical ou psychologique, mais il offre une voie supplémentaire pour la reconstruction. À l'échelle locale, la Maison de Freyja montre comment des acteurs de santé et du social peuvent innover pour répondre à des besoins complexes.
Reste à connaître la pérennité et l'ampleur de ce dispositif : ses effets à moyen terme, l'accès pour d'autres femmes accompagnées et les modalités de financement seront des enjeux pour que cette initiative dépasse le caractère expérimental et devienne une réponse durable pour les victimes dans la Vienne.