Des peines allant jusqu'à 30 ans réclamées dans une affaire qui a touché Créteil
La cour d'assises spécialement composée qui juge l'affaire dite Athanor a entendu, lors de deux journées de réquisitions, les demandes du parquet général. Celles-ci s'étalent d'une simple peine avec sursis à des réquisitions particulièrement lourdes : 30 ans de réclusion criminelle pour deux des principaux mis en cause. Parmi les faits examinés figurent des assassinats et plusieurs tentatives, dont une attaque visant la commune de Créteil.
Le dossier, instruit depuis l'été 2020, dresse le portrait d'une structure clandestine qualifiée par l'accusation d'« officine criminelle », réunissant des protagonistes issus de milieux variés : anciens responsables de services de renseignement, chefs d'entreprise, intermédiaires. Les réquisitions mettent en avant l'ampleur et la gravité des actes qui seraient organisés dans le cadre de cette loge détournée de ses objectifs.
- Peines requises les plus fortes : 30 et 25 ans pour deux têtes présumées de l'organisation.
- Poursuites contre 22 personnes, dont des accusations d'assassinats et tentatives d'assassinat.
- Relaxes demandées pour trois personnes considérées comme commanditaires présumés par l'accusation.
| Accusé | Âge (quand indiqué) | Peine réclamée |
|---|---|---|
| Daniel Beaulieu | 72 ans | 30 ans de réclusion |
| Frédéric Vaglio | 55 ans | 25 ans de réclusion |
| Sébastien Leroy | — | 22 ans |
| Dylan Bilheude | 36 ans | 20 ans |
Le parquet général a également demandé des peines comprises entre 15 et 13 ans pour d'autres protagonistes et des peines plus légères, y compris des condamnations avec sursis, pour certains des 22 mis en examen. Pour trois personnes, parmi lesquelles un couple identifié dans les réquisitions, le ministère public a sollicité la relaxe en tant que commanditaires présumés.
« trois accusés qui forment le socle sans lequel rien ne serait arrivé »
Cette formulation, reprise par l'avocate générale, a servi à justifier les réquisitions les plus lourdes contre les hommes présentés comme les « têtes pensantes » du réseau. Le procès s'est concentré sur la mise en place, l'organisation et l'exécution de plusieurs contrats criminels, certains aboutissant à la mort, d'autres à des tentatives qui ont laissé des victimes et des familles marquées.
Pour les habitants de Créteil et des communes alentours, l'affaire rappelle la proximité d'affaires criminelles complexes mêlant acteurs publics et privés, et le travail de la justice pour établir responsabilités et peines. La Cour poursuivra ensuite les débats avec les plaidoiries des avocats de la défense, avant les réquisitions définitives et, finalement, le verdict attendu qui fixera le sort des 22 prévenus.
La suite du procès et sa décision sont susceptibles d'avoir des conséquences importantes, tant pour les victimes que pour la perception locale de réseaux infiltrés au sein d'instances professionnelles et privées.