Une ouverture pensée pour réduire les embouteillages… mais aux effets partagés
Le 2 juillet, la mise en service des accès sud reliant la voie rapide Sud III à la tête sud du pont Flaubert a changé la donne pour les automobilistes qui traversent Rouen. Objectif affiché : permettre aux véhicules circulant sur la rive gauche d’emprunter un viaduc direct jusqu’au tablier du pont, en évitant le rond-point de la Motte et en accélérant l’insertion sur l’A150.
Sur le papier, la promesse est claire : fluidifier la circulation aux heures de pointe et réduire le temps de parcours. La Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (Dreal) évaluait un gain pour les automobilistes « de deux à trois minutes » pour ceux effectuant la jonction directe.
« de deux à trois minutes »
Un usager a testé le dispositif avant et après ouverture. Résultat notable : Matthias, résident du Petit-Quevilly et salarié à Saint-Jean-du-Cardonnay, rapporte une baisse sensible de son temps de trajet domicile-travail entre le 1er et le 3 juillet.
| Situation | Temps total | Segment Sud III → A150 |
|---|---|---|
| Avant le raccordement (1er juillet) | 18 minutes | ~9 minutes |
| Après mise en service (3 juillet) | 10 minutes | 2 minutes 43 |
Des bénéfices réels... mais localisés
Le cas de Matthias illustre un point essentiel : le nouvel accès profite principalement aux automobilistes qui effectuent la jonction Sud III → pont Flaubert → A150 sans détours. Pour eux, la suppression de la manœuvre d’insertion sur le rond-point de la Motte et le passage par le viaduc réduisent nettement les temps d’attente et les ruptures de vitesse.
- Temps de trajet réduit pour certains usagers matinaux, constaté dès les premiers jours.
- Risque de report de congestion vers d’autres points d’entrée, notamment sur la rive droite.
- Effet dépendant des flux horaires : bénéfices concentrés aux heures de pointe et pour les trajets directs.
Vers des adaptations côté rive droite
Si l’allègement est palpable pour des usagers venant de la rive gauche, certains conducteurs rencontrent désormais des difficultés pour s’insérer sur l’A150 une fois passés sur la rive droite. Les premières réactions sur le terrain évoquent un transfert de la gêne plutôt qu’une disparition nette des congestions. Le changement de schéma nécessite donc une phase d’observation et, le cas échéant, des réglages complémentaires (signalisation, régulation des flux, gestion des giratoires).
Sur le plan local, la mesure soulève plusieurs questions pratiques : faudra-t-il adapter les priorités ou aménager d’autres points d’accès pour absorber le flux supplémentaire ? Les prochains jours permettront de vérifier si le gain observé chez certains usagers se confirme sur la durée et pendant les pics de trafic.
À court terme, pour les automobilistes qui empruntent quotidiennement la Sud III vers l’A150, le nouvel itinéraire peut constituer une simplification éprouvée. Pour les autorités et les riverains, l’enjeu est désormais de suivre les effets induits et d’ajuster l’aménagement pour éviter que la fluidité gagnée d’un côté ne crée des goulots d’étranglement de l’autre.