Une tradition locale stoppée pour raisons sanitaires et d'ordre public
La préfète du Puy-de-Dôme a pris, vendredi, un arrêté visant à interdire la pratique connue sous le nom de « cou de l'oie » lors des fêtes patronales et des manifestations publiques à Saint-Bonnet-près-Riom. Cette coutume, qui consiste à suspendre un animal mort pour en détacher la tête au cours de jeux et animations, suscite depuis plusieurs années des critiques et une attention accrue des autorités.
La préfecture motive sa décision principalement par des impératifs sanitaires : selon le texte officiel, l'utilisation de cadavres d'animaux d'élevage dans des animations publiques contrevient aux règles encadrant la gestion des sous-produits animaux, qui imposent une collecte et une destruction par une société d'équarrissage agréée afin de prévenir les risques épizootiques.
"l’utilisation de cadavres d’animaux d’élevage dans le cadre d’animations publiques contrevient aux dispositions relatives à la gestion des sous-produits animaux, qui imposent leur collecte et leur destruction par une société d’équarrissage agréée, pour des motifs de sécurité sanitaire et de prévention des risques épizootiques."
Outre l'aspect sanitaire, la préfecture évoque l'impact sur la sensibilité du public, en particulier celle des mineurs, et le risque de trouble à l'ordre et à la tranquillité publics. Dans ce cadre, l'arrêté précise que l'exposition d'actes de mutilation ou de sévices post-mortem infligés aux animaux est susceptible de porter atteinte à cette sensibilité.
Ce qui est interdit — et ce qui reste autorisé
- Interdit : toute utilisation de cadavres d'animaux d'élevage lors de fêtes, manifestations ou rassemblements sur la voie publique à Saint-Bonnet-près-Riom.
- Autorisé : l'usage de répliques factices, peluches ou substituts inertes non animaux, pour préserver les animations traditionnelles.
| Élément | Statut |
|---|---|
| Cadavres d'animaux | Interdit |
| Répliques factices / peluches | Autorisé |
La décision intervient alors que cette pratique était déjà visée par des associations de défense animale. Elle place désormais les organisateurs de festivités locales devant de nouvelles contraintes : il leur faudra adapter les animations pour rester dans le cadre légal et sanitaire, sous peine de voir l'autorité préfectorale intervenir.
Pour les habitants et les associations de la commune, la mesure pose la question de la sauvegarde des traditions face aux exigences modernes de santé publique et de respect du bien-être animal. Certains riverains et participants réguliers pourraient regretter la disparition d'un élément de convivialité identitaire, tandis que d'autres salueront une décision attentiste aux sensibilités contemporaines.
Pratique : l'arrêté vise toutes les fêtes patronales, manifestations publiques et rassemblements sur la voie publique à Saint-Bonnet-près-Riom. Les organisateurs qui envisagent des animations impliquant des objets représentant des animaux doivent s'assurer qu'ils sont inertes et conformes aux autres règles de sécurité des biens et des personnes.