Un centre-ville marqué par la baisse des habitants
À l'entrée de la baie, où les vents salés sculptent les façades et les rues prennent parfois l'allure d'un tableau hivernal, Saint-Valery-sur-Somme constate une réalité qui inquiète : la population permanente fond lentement. Les élus municipaux ont acté, lors du conseil du 8 octobre, la demande de modifications du Plan local d'urbanisme (PLU) pour tenter d'inverser cette tendance.
Les chiffres rendent la situation tangible : après 2 703 habitants en 2012, la commune est descendue à 2 510 en 2017 puis à 2 306 en 2023. À plus long terme, le contraste est saisissant avec les 3 240 âmes recensées en 1968. Ces pertes s'accompagnent d'une progression des logements non occupés à l'année, modifiant le visage social du littoral.
| Année | Population |
|---|---|
| 1968 | 3 240 |
| 2012 | 2 703 |
| 2017 | 2 510 |
| 2023 | 2 306 |
Le PLU en vigueur, approuvé en juin 2005, visait autrefois à enrayer la dépopulation en ouvrant près de 40 hectares à l'urbanisation, avec l'ambition affichée d'atteindre 3 500 habitants à l'horizon 2025. Le bilan est loin des espérances : malgré la création d'environ 900 nouveaux logements, la commune compte aujourd'hui moins d'habitants permanents et observe la transformation d'une part significative du parc en résidences secondaires.
« L'objectif n'a jamais été atteint, malgré la construction à ce jour d'environ 900 nouveaux logements », a exposé le maire François Vaillant lors du conseil municipal.
Des pistes pour favoriser l'habitat à l'année
La modification du PLU entamée par les élus vise à remettre l'accent sur le logement permanent et la mixité sociale. Sans présumer des mesures définitives, plusieurs orientations peuvent émerger dans ce type de démarche — et certaines sont déjà à l'étude dans d'autres communes littorales :
- encourager la transformation de résidences secondaires en logements à l'année ;
- favoriser la construction de logements accessibles aux jeunes ménages et aux actifs locaux ;
- protéger des espaces agricoles et naturels face à une urbanisation non maîtrisée ;
- assurer des services publics et des commerces de proximité attractifs pour les foyers permanents.
Pour Saint-Valery, ces choix sont sensibles : le tourisme est une ressource majeure, mais il ne doit pas étouffer la vie quotidienne. Les élus cherchent donc un équilibre entre l'accueil des visiteurs et la préservation d'une population stable, capable de maintenir écoles, services et activités toute l'année.
Conséquences locales et calendrier
La révision ciblée du PLU va passer par des études, consultations et enquêtes publiques. Les décisions à venir auront des conséquences pratiques sur les permis de construire, la fiscalité locale et les orientations des projets immobiliers. Les habitants seront invités à se prononcer lors des étapes réglementaires.
Dans un paysage où les marées rythment le temps et où chaque commerce compte, la volonté municipale marque une inflexion : il s'agit désormais d'agir pour que Saint-Valery reste un village vivant au fil des saisons, et non un écrin figé pour quelques mois de l'année.