La sécheresse plombe les vergers et inquiète un producteur de calvados
À Montilly-sur-Noireau, la sécheresse et les canicules de l'été affectent la production de calvados. Sur ses 18 hectares de vergers, Jean‑François Guillouet, producteur affilié à la Maison Huard, constate une chute notable de la récolte et des signes de stress importants sur nombre de pommiers.
Le fermier explique que les arbres manquent d'eau et réagissent en « se déchargeant » : les fruits tombent prématurément et la récolte s'amenuise. Les jeunes plantations exposées plein sud, en sols peu profonds, sont les plus touchées, faute d'un système racinaire encore fragile.
« C’est stressant, angoissant. »
Les pertes annoncées varient selon l'âge et l'état des arbres. Il anticipe une baisse de 20 % à 40 % sur certaines parcelles, et estime que les pommiers plus vieux ou malades subiront entre 10 % et 20 % de pertes supplémentaires. Il précise qu'il n'a « jamais vécu ça » en quinze années de production.
La sécheresse n'affecte pas que les fruits : la cave aussi subit des conséquences. La baisse d'hydrométrie rend le bois des fûts plus cassant et favorise les fuites. Pour limiter les dégâts, le producteur multiplie les vérifications et les réparations des fûts, et arrose ponctuellement le sol le matin et le soir afin de remonter l'humidité autour des racines.
Au quotidien, la gestion du bétail et l'alimentation des animaux sont contraintes : il rapporte qu'il a dû distribuer du foin beaucoup plus tôt qu'à l'habitude. Ces mesures d'urgence soulignent la double contrainte pesant sur l'exploitation : réduire l'impact immédiat de la sécheresse tout en réfléchissant aux adaptations à long terme.
Conséquences et pistes d'adaptation : la situation met en lumière plusieurs enjeux pour la filière cidricole locale — gestion de l'eau, choix variétal, implantation des jeunes vergers et protection des caves. Sur le court terme, l'irrigation ciblée et la surveillance des équipements restent les priorités. À plus long terme, les producteurs évoqueront probablement des changements de pratiques culturales et des investissements pour rendre les exploitations plus résilientes.
- Surface concernée : 18 hectares de vergers.
- Pertes estimées : 20–40 % sur certaines parcelles, 10–20 % sur d'autres.
- Mesures prises : vérification quotidienne des fûts, réparations, arrosages matin/soir, distribution anticipée de foin.
| Élément | Impact signalé |
|---|---|
| Jeunes pommiers (plantés il y a 3 ans) | Plus sensibles, pertes importantes |
| Pommiers âgés ou malades | Perte estimée 10–20 % |
| Fûts en cave | Fuites liées à la baisse d'hydrométrie |
La situation vécue par cet exploitant illustre l'effet concret du réchauffement climatique sur l'agriculture ornaise. Pour les consommateurs et les professionnels, cela signifie potentiellement une moindre disponibilité des produits locaux dans les mois à venir et des coûts supplémentaires pour les producteurs. Les collectivités et les organisations agricoles locales suivront ces épisodes pour évaluer les mesures d'accompagnement éventuelles.