Un été de stress hydrique historique pour les cultures de la Somme
La chaleur et le manque de pluie de ces dernières semaines plongent de nombreuses exploitations de la Somme dans une situation critique. Selon les organisations syndicales, il s’agit d’un épisode de sécheresse d’une intensité que le département n’avait pas connue depuis 1976. Les dégâts commencent à apparaître sur l’arboriculture, le maraîchage, les cultures de printemps et les fourrages, avec des conséquences directes pour les revenus des agriculteurs et l’approvisionnement local.
Devant l’urgence, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs de la Somme ont appelé dès le 25 juillet la préfecture à activer l’ensemble des dispositifs de soutien disponibles. Ils demandent des mesures précises pour limiter l’impact économique et permettre aux exploitants de traverser cette période sans perdre irrémédiablement leurs productions.
Quelles demandes ont été formulées ?
- Dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) ;
- Activation des indemnités de solidarité nationale (ISN) ;
- Reconnaissance de la calamité agricole afin de déclencher les cas de force majeure sur les contrats ;
- Dérogations aux obligations de semis des couverts (CIE et CINE).
« C’est dans les parcelles que se mesure la réalité des dégâts, et nous veillerons à ce que toutes les productions soient prises en compte et défendues avec la même détermination. »
En réponse, la préfecture a mandaté la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pour lancer des missions d’expertise sur le terrain dès cette semaine. Ces visites doivent permettre d’évaluer précisément l’ampleur des pertes et d’établir des dossiers en vue d’éventuelles reconnaissances officielles et d’aides.
Sur le terrain : expertise et accompagnement
La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs ont annoncé qu’ils accompagneront les services de l’État lors des expertises. Sur le terrain, les exploitants attendent des constats rapides et fiables, nécessaires pour déclencher les procédures d’indemnisation ou de dégrèvement. Le caractère hétérogène des dégâts — parcelles totalement grillées à certains endroits, sols encore productifs ailleurs — rend ces missions indispensables pour une prise en charge équitable.
| Mesure demandée | Objectif |
|---|---|
| Dégrèvement TFNB | Alléger la charge fiscale des exploitants |
| ISN | Apporter un soutien financier direct |
| Reconnaissance calamité | Permettre l’activation de cas de force majeure |
| Dérogations CIE/CINE | Adapter les obligations culturales au contexte |
Conséquences et perspectives
Au-delà des pertes immédiates de récoltes ou de fruits, la sécheresse menace les stocks fourragers et la pérennité de certains élevages si la situation se prolonge. Elle s’inscrit aussi dans un contexte économique et géopolitique déjà tendu, ce qui explique l’inquiétude des organisations professionnelles. Les prochaines semaines, et les conclusions des expertises, détermineront l’ampleur des dispositifs d’aide qui seront mobilisés.
Pour les exploitants concernés, il est conseillé de documenter précisément les pertes (photographies, relevés de parcelles) et de se rapprocher des services de la chambre d’agriculture et des syndicats pour accompagner les dossiers de demande de reconnaissance ou d’indemnisation.