Six autorisations temporaires accordées au cœur des marais
Dans un contexte de sécheresse notable sur le département, la Direction départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) a accordé, le 11 août 2026, six dérogations permettant le remplissage de mares à gabion situées dans le Parc des marais du Cotentin et du Bessin. Les autorisations, validées par la préfecture de la Manche, concernent trois gabions implantés dans la vallée de la Taute et trois dans la Douve.
Ces dispositifs, utilisés par des gabioneurs qui entretiennent des mare permanentes, font l'objet d'une mise en eau strictement encadrée : le prélèvement est plafonné à 8 m3/h par pompe solaire et reste permis jusqu'au 31 octobre 2026. L'arrêté précise que l'opération pourra être interrompue à tout instant si l'évolution hydrique l'impose.
"seules 6 ont été accordées"
La préfecture souligne que, sur le département, 50 demandes de dérogation ont été déposées ; seules six ont reçu une réponse favorable. Ces autorisations ont été délivrées à des responsables de gabions qui ont démontré avoir maintenu la mise en eau de leurs mares durant l'année et garanti l'évacuation des eaux vers le milieu naturel, conditions jugées indispensables pour limiter les impacts sur l'écosystème local.
Pourquoi ces mares sont-elles jugées importantes ?
Les mares à gabion jouent un rôle dans la préservation de la faune et de la flore des marais d’eau douce : elles constituent des points d'eau pour les oiseaux, amphibiens et invertébrés, notamment durant les périodes sèches. Certains de ces gabions servent aussi d'abris proches de postes de chasse saisonniers. La décision administrative intervient à quelques jours de la réouverture de la chasse au gibier d'eau, prévue le 21 août.
- Localisation : vallée de la Taute et Douve (Parc des marais)
- Nombre d'autorisations : 6 gabions
- Plafond de prélèvement : 8 m3/h par pompe solaire
- Période d'autorisation : jusqu'au 31/10/2026, révocable
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Demandes déposées | 50 |
| Dérogations accordées | 6 |
| Plage horaire / débit | 8 m3/h par pompe |
Réactions et perspectives locales
Sur le terrain, la décision suscite des attentes contrastées. Pour les gestionnaires de gabions ayant conservé une eau permanente, l'autorisation est présentée comme une mesure de sauvegarde de la biodiversité en période critique. D'autres acteurs, écologistes ou riverains, pourront s'interroger sur l'impact cumulatif des prélèvements sur le niveau des rivières et sur la pression supplémentaire exercée en période de stress hydrique.
La préfecture rappelle que ces autorisations sont conditionnelles et réversibles : si la situation hydrologique venait à se détériorer davantage, les pompages pourraient être stoppés immédiatement. Dans l'immédiat, l'administration demande une vigilance accrue et un suivi des débits afin d'éviter tout effet contraire sur le milieu naturel.
Pour les habitants et usagers des marais, ces mesures traduisent la difficulté de concilier usages traditionnels — comme la gestion cynégétique — et impératifs de protection des milieux, alors que l'été 2026 marque une période de sécheresse particulièrement sensible dans la Manche.